Seguin-Moreau voit le marché de la tonnellerie se stabiliser

Le leader mondial des barriques en chêne espère tirer son épingle du jeu grâce à son savoir-faire et ses innovations technologiques.
(Crédits : dr)

En 2010, le marché mondial du fût est en passe de se stabiliser. « La première baisse sensible date de 2009 avec une chute de l'ordre de 15 %. La production mondiale des barriques était alors autour de 800.000 fûts dont 550.000 fabriqués en France. L'érosion semble enrayée. On note, cette année, une stabilisation », observe Philippe Rapacz, président de Seguin-Moreau. Le tonnelier basé à Cognac (Charente) annonce une production moyenne par an de quelque 75.000 fûts et de 190 cuves et foudres pour les vins et le cognac. Il se place en leader mondial en volume de fûts en chêne français.

Aujourd'hui filiale à 100 % du groupe coté Oeneo (n° 1 mondial de la tonnellerie destinée à l'élevage de vins et n° 2 mondial des produits de bouchage de vins), Seguin-Moreau a vu le jour en 1972, lors de la fusion des tonnelleries Seguin (créée en 1870) et Moreau (créée en 1838). Depuis lors, positionnée sur la tonnellerie haut de gamme, l'entreprise investit fortement dans la R&D pour innover à tous les stades du process.

Ainsi, après une sélection rigoureuse des chênes, ceux-ci sont débités en merrains sur le site de Vélines (Dordogne), puis stockés sur un parc unique de 6 hectares à Cognac pour la maturation, en moyenne de 18 et 24 mois. A cet égard, la société a mis au point un processus de maturation dite proactive. « Il s'agit notamment de compenser les éventuels déficits de pluviosité par des arrosages contrôlés et assistés par ordinateur. Cela permet ainsi d'assurer l'homogénéité et la reproductibilité du cycle de maturation », explique le directeur général.

Dans la chaîne de fabrication, la chauffe est une phase essentielle. Elle intervient notamment lors du cintrage des douelles qui, assemblées, formeront la barrique et permettront les échanges entre le vin et le bois. La durée, l'intensité de cette « cuisson oenologique » (le bousinage) va développer tel ou tel arôme, telle ou telle qualité. En collaboration avec les universités de Bordeaux et de Dijon, le tonnelier a donc mis au point ses propres procédés techniques : le « U-Stave » intensifie les phénomènes d'échange ; l'« Aquaflex » réduit la présence des tannins et leur impact.

Foudres sur mesure

Toujours pour les vins et cognac, Seguin-Moreau conçoit des cuves et des foudres sur mesure, de 600 litres à 1.200 hectolitres. C'est en quelque sorte de la haute couture en matière de tonnellerie. D'autant que, sur ces pièces, la société vient d'apporter plusieurs avancées technologiques, avec un assemblage des portes-trappes sans vis ni boulons, et l'installation d'une « porte à ras du fond permettant un décuvage total et hygiénique ». Seguin-Moreau compte trois sites de production, à Cognac, à Chagny (Saône-et-Loire), et à Napa en Californie. La société dispose de deux filiales commerciales en Australie et au Chili. Les produits du Charentais se vendent dans 35 pays auprès de 4.500 clients. Cette filiale d'Oeneo emploie 240 personnes pour un chiffre d'affaires de 50 millions d'euros dont 90 % pour le marché du fût. Le groupe (679 salariés), dont le siège est à Paris, a réalisé 166,1 millions d'euros de chiffre d'affaires au cours de l'exercice 2009-2010 d'une durée exceptionnelle de 15 mois, clos le 31 mars dernier.

Thierry Thomas, à Poitiers

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