Biodiversité : la valeur de la nature encore trop mal prise en compte
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La nature, non seulement, a une valeur, mais elle en a même plusieurs, en fonction des indicateurs et des méthodes utilisées. Et face à la crise planétaire de la biodiversité, celle prise en compte par les décideurs politiques et économiques compte énormément. Voici le constat dressé lundi 11 juillet par la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services - Ipbes), le « Giec de la biodiversité », dans un rapport issu de quatre ans d'études.
Mais malgré sa richesse, cette multiplicité est trop souvent oubliée, alors qu'une attention prédominante est portée sur les profits à court terme et la croissance économique. « Les décisions économiques et politiques ont donné la priorité à certaines valeurs de la nature, en particulier les valeurs instrumentales de la nature basées sur le marché, telles que celles associées à la nourriture produite de manière intensive », qui pourtant « ne reflètent pas adéquatement la manière dont les changements dans la nature affectent la qualité de vie des personnes », note l'Ipbes dans son communiqué. « En outre, l'élaboration des politiques néglige les nombreuses valeurs non marchandes associées aux contributions de la nature aux personnes, telles que la régulation du climat et l'identité culturelle », ajoute l'organisme intergouvernemental indépendant, où sont représentés 139 États membres.
Or, « un projet de développement peut générer des avantages économiques et des emplois, pour lesquels les valeurs instrumentales de la nature peuvent être évaluées, mais il peut également entrainer la disparition d'espèces, associée aux valeurs intrinsèques de la nature, et la destruction de sites patrimoniaux importants pour l'identité culturelle, affectant ainsi les valeurs relationnelles de la nature », souligne une autre co-directrice du rapport, le professeur Patricia Balvanera.
Les diverses approches d'évaluation reflètent en outre des visions du monde et des manières différentes d'interagir avec la nature, rappelle l'Ipbes, pour qui les prendre en compte dans leur ensemble est donc aussi un enjeu d'inclusion.
Pour aider les décideurs dans leur compréhension de cette multiplicité, l'Ipbes la résume donc en « quatre perspectives générales »
L'objectif est notamment d'orienter les décisions des parties à la Convention sur la diversité biologique de l'Onu, qui se réuniront -après quatre reports dus à la crise sanitaire- du 5 au 17 décembre à Montréal, au Canada, dans le cadre de leur 15e conférence mondiale (COP15). Ils devront définir « le cadre mondial de la biodiversité pour la prochaine décennie », souligne l'Ipbes, qui souhaite qu'elles prennent en compte « les informations, les analyses et les outils fournis par leur rapport ».
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En 2019, le rapport d'évaluation mondiale de l'Ipbes avait présenté « le rôle de la croissance économique comme l'un des principaux moteurs de la destruction de la nature, responsable de la menace d'extinction pesant sur un million d'espèces végétales et animales ». Et dans un rapport publié vendredi 8 juillet, le même organisme de l'Onu pointait du doigt la surexploitation d'espèces sauvages - animaux terrestres, poissons, algues, champignons, plantes ou encore arbres -, et la menace qu'elle représente pour le bien-être de milliards d'êtres humains.
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