"Depuis des années, les études scientifiques constatent clairement la diminution des populations d'insectes, de poissons, d'oiseaux, de petits mammifères, et que l'agriculture intensive en pesticides en est une cause majeure", explique Julie Pecheur,...
Cing ONG ont déposé devant la justice administrative un recours pour manquement aux obligations de protection de la biodiversité. Elles demandent une révision radicale du processus de mise sur le marché des pesticides.
L'ultimatum a expiré. Lundi 10 janvier, un recours contre l'Etat pour manquement à ses obligations de protection de la biodiversité a été déposé devant le tribunal administratif de Paris par cinq ONG, qui lui reprochent ses défaillances en matière de mise sur le marché des pesticides.
Deux d'entre elles, Notre Affaire à Tous (NAAT) et Pollinis, avaient initié ce processus avec le dépôt d'injonctions dès septembre, à l'occasion de la tenue à Marseille du congrès de l'Union nationale pour la conservation de la nature (UICN). L'Etat français n'ayant pas répondu dans les deux mois impartis, les deux ONG ont été rejointes par l'Association pour la protection des animaux sauvages et du patrimoine naturel (ASPAS), l'Association nationale pour la protection des eaux & rivières (ANPER-TOS) et Biodiversité sous nos pieds, et ont décidé d'attaquer l'Etat en justice.
Un sentiment d'urgence
"Depuis des années, les études scientifiques constatent clairement la diminution des populations d'insectes, de poissons, d'oiseaux, de petits mammifères, et que l'agriculture intensive en pesticides en est une cause majeure", explique Julie Pecheur, directrice du plaidoyer chez Pollinis.
Un phénomène qui, à cause de son impact ravageur sur les insectes pollinisateurs, met aussi en danger la sécurité alimentaire des humains, souligne-t-elle. Pourtant, "malgré les engagement à répétition, il ne se passe rien", regrette Chloé Gerbier, juriste chez Naat, en insistant sur l'échec en France des divers plans de réduction des pesticides Ecophyto.
"C'est un sentiment d'urgence, et le poids écrasant de la responsabilité vis-à-vis des générations futures, qui nous pousse à agir", clame ainsiJulie Pecheur.
Les ONG espèrent faire reconnaître non seulement cette chute spectaculaire de la biodiversité, mais surtout les défaillances dans le système actuel d'autorisation des pesticides, et la responsabilité de l'Etat français à cet égard. Alors que la législation européenne qui régit le processus de mise sur le marché est "très protectrice" de la biodiversité, les processus d'évaluation des risques qui précèdent les autorisations, menés au niveau européen et national, sont trop souvent obsolètes et incomplets, explique en effet Barbara Berardi, responsable du pôle pesticides chez Pollinis.
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