Quand les entreprises s'inspire de la biodiversité
Lysiane J. Baudu
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« La planète s'en fout !, tonne le biologiste Gilles Bœuf, professeur à l'université Pierre-et-Marie-Curie Sorbonne, mais il y a les humains dessus ». De fait, la planète a été, sur plusieurs centaines de millions d'années, bombardée par des météorites, colonisée par le vivant, affectée par des glaciations. Le tout jalonné de crises. La plus violente, il y a 250 millions d'années, a conduit à la disparition de la quasi-totalité des espèces. La cinquième a eu raison des dinosaures, il y a 65,5 millions d'années. Et aujourd'hui, une nouvelle crise est en cours, provoquant, à un rythme beaucoup plus rapide, une nouvelle extinction d'une partie du vivant. Selon l'indice Planète Vivante du Fonds mondial pour la nature (WWF), entre 1970 et 2016, les populations d'animaux vertébrés, par exemple, ont diminué de 68 %. Une estimation qui ne cesse de croître, puisqu'en 2014, elle n'était que de 52 %. Ainsi, en moins de 50 ans, plus de deux tiers des mammifères, oiseaux, amphibiens, reptiles et poissons ont disparu. De même, depuis l'ère préindustrielle, 85 % des zones humides ont été perdues et sur les 30 dernières années, on constate une diminution de 75 % des populations d'insectes. Les humains, cette fois-ci, en sont largement responsables, par le biais du changement des habitats naturels, dont la déforestation, la surexploitation des plantes, des animaux et des écosystèmes, la pollution des sols, des eaux et de l'air et la propagation d'espèces invasives. Si rien n'est fait, au rythme de l'évolution actuelle, dans deux cents ans - autrement dit, une fraction de seconde à l'échelle du temps de la planète - le vivant dans son ensemble pourrait avoir disparu de la Terre. Plantes, animaux et humains... Au point que la perte de la biodiversité est désormais classée comme l'un des risques avec le plus fort impact et la plus forte probabilité de survenir par le Forum économique mondial, à côté d'autres risques qui y sont liés, comme le changement climatique, les évènements climatiques extrêmes et la propagation de virus...
Lysiane J. Baudu