Le déclin de la biodiversité met la finance devant ses responsabilités
Marine Godelier
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Elysée
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... CN), qui se tient à Marseille depuis le 3 septembre.
Face au déclin des écosystèmes, « le temps presse » et « la finance doit être à bord ». Le discours retentissant de la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, à l'ouverture du Congrès de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) ce vendredi 3 septembre, marque un tournant. « C'est un message très fort », a réagi Sylvie Goulard, second sous-gouverneur de la Banque de France. Le défi est de taille pour le monde financier qui, s'il commence à s'engager pour le climat, n'a jusqu'à présent pas fait figure de défenseur de la biodiversité. Et s'éloigne à première vue du mandat des banques centrales, qui est d'assurer la stabilité des prix et du système en place.
Pourtant, ce système se trouve face à une crise existentielle, appelant de gré ou de force à « changer de paradigme », selon les termes d'Emmanuel Macron. Et il ne s'agit pas là d'œuvre de charité, mais d'une approche pragmatique. L'interdépendance entre le domaine bancaire et le bien-être des écosystèmes met en péril la stabilité financière et la fiabilité des investissements, à l'heure où un million d'espèces pourraient disparaître. En témoignent les études récentes : selon le Forum Économique Mondial, près de la moitié du PIB sur la planète est lié à la biodiversité.
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Autant de liens mis en lumière dans une nouvelle étude de la Banque de France, menée en collaboration avec l'Office français de la biodiversité (OFB), et présentée lors du Congrès. « C'est la première fois que nous parlons ensemble de finance et de biodiversité. Cela montre qu'on peut objectiver les liens entre la disparition des écosystèmes et la stabilité du système », se félicite Pierre Dubreuil, directeur général de l'OFB. Et les résultats sont préoccupants : 42 % de la valeur des titres détenus par les institutions financières françaises vient d'entreprises qui dépendent de services écosystémiques de la nature, parmi lesquels l'eau potable, l'alimentation ou la pollinisation. « On a calculé que cela correspond à 420 milliards d'euros », précise Paul Hadji-Lazaro, contributeur de l'étude. Perte de rendement agricole ou encore survenue d'une pandémie : les risques que font peser l'érosion du vivant sur l'économie sont bien réels.
Marine Godelier