Concentration record de CO2 en dépit du confinement lié au Covid-19

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Les trois principaux gaz à effet de serre persistants - le dioxyde de carbone, le méthane et le protoxyde d'azote - ont encore atteint des records de concentration en 2019, selon l'Organisation météorologique mondiale (OMM).
Les trois principaux gaz à effet de serre persistants - le dioxyde de carbone, le méthane et le protoxyde d'azote - ont encore atteint des records de concentration en 2019, selon l'Organisation météorologique mondiale (OMM). (Crédits : ADNAN ABIDI)
La concentration de CO2 va continuer à augmenter cette année, mais à un rythme légèrement réduit, ne dépassant pas les fluctuations habituelles du cycle du carbone observées d'une année sur l'autre, a indiqué l'ONU ce lundi.

Le ralentissement industriel dû à la pandémie de Covid-19 n'a pas freiné l'augmentation record des concentrations de CO2, le principal gaz à effet de serre persistant dans l'atmosphère, a indiqué l'ONU ce lundi.

Petteri Taalas, secrétaire général de l'Organisation météorologique mondiale (OMM), une agence de l'ONU, a salué les décisions prises par certains pays, dont l'Union européenne, pour relancer l'économie de façon plus verte, en conférence de presse.

Il a également salué les "objectifs ambitieux" de plusieurs États des États-Unis en matière d'économie verte, et la décision prise par le président élu américain Joe Biden de retourner dans l'accord de Paris sur le climat, en souhaitant que cela aurait un "effet domino" sur d'autres pays.

Selon le Bulletin annuel de l'OMM, la concentration de dioxyde de carbone dans l'atmosphère a brutalement augmenté en 2019, la moyenne annuelle franchissant le seuil de 410 parties par million, et la hausse s'est poursuivie en 2020, alors que la pandémie de Covid-19 a forcé de nombreux pays à mettre à l'arrêt leur économie.

"La baisse des émissions liée au confinement ne représente qu'un petit point sur la courbe à long terme. Or, nous devons aplatir cette dernière de façon durable", a déclaré M. Taalas.

Pendant la période la plus intense d'arrêt des activités économiques, les émissions quotidiennes mondiales de CO2 ont certes enregistré une diminution allant jusqu'à 17% en raison du confinement.

Alors que la durée et la sévérité des mesures de confinement restent encore floues, l'OMM juge très difficile d'estimer la réduction annuelle totale des émissions en 2020, mais elle estime toutefois que, selon des estimations préliminaires, cette réduction sera de l'ordre de 4,2% à 7,5%.

Une telle réduction des émissions n'entraînera toutefois pas de diminution des concentrations de CO2 dans l'atmosphère cette année car ces concentrations sont le résultat des émissions passées et actuelles cumulées.

En résumé, la concentration de CO2 va continuer à augmenter cette année, mais à un rythme légèrement réduit, ne dépassant pas les fluctuations habituelles du cycle du carbone observées d'une année sur l'autre.

La pandémie, "un tremplin"

"La pandémie de Covid-19 ne résoudra pas le problème du changement climatique. Toutefois, elle représente un tremplin pour lancer une action climatique plus soutenue et plus ambitieuse visant à réduire les émissions nettes à zéro en transformant complètement nos industries, nos systèmes énergétiques et nos transports", a souligné M. Taalas.

Lire aussi : Covid-19 : des effets sans précédent et durables sur la consommation mondiale d'énergie

Les gaz à effet de serre emprisonnent la chaleur dans l'atmosphère, font monter les températures et intensifient les conditions météorologiques extrêmes, la fonte des glaces, l'élévation du niveau de la mer et l'acidification des océans.

Les trois principaux gaz à effet de serre persistants - le dioxyde de carbone, le méthane et le protoxyde d'azote - ont encore atteint des records de concentration en 2019, selon l'OMM.

Or, le dioxyde de carbone, résultant notamment de l'utilisation des combustibles fossiles, de la production de ciment et de la déforestation, demeure pendant des siècles dans l'atmosphère et encore plus longtemps dans les océans.

Sa teneur dans l'atmosphère a augmenté plus rapidement entre 2018 et 2019 qu'entre 2017 et 2018 et que sur les dix dernières années en moyenne.

"La dernière fois que la Terre a connu une teneur en CO2 comparable, c'était il y a 3 à 5 millions d'années: la température était alors de 2 à 3°C plus élevée qu'aujourd'hui et le niveau de la mer était supérieur de 10 à 20 mètres au niveau actuel, mais nous n'étions pas 7,7 milliards" d'êtres humains, a souligné M. Taalas.

Quant au méthane, dont 60% des rejets dans l'atmosphère sont d'origine humaine (élevage de ruminants, riziculture, exploitation des combustibles fossiles, décharges...), sa teneur a augmenté légèrement moins rapidement entre 2018 et 2019 qu'entre 2017 et 2018, mais plus vite que sur les dix dernières années en moyenne.

Enfin, le taux d'accroissement de la concentration de protoxyde d'azote, à la fois un gaz à effet de serre et un produit chimique appauvrissant la couche d'ozone, est resté pratiquement égal à la moyenne des dix années précédentes. Ses émissions dans l'atmosphère sont à 40% d'origine humaine (engrais, procédés industriels...) mais pour le reste d'origine naturelle.

Lire aussi : Pollution de l'air, plastique... Quel est le bilan environnemental du coronavirus ?

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Commentaires
a écrit le 24/11/2020 à 12:04 :
Il y a du travail à faire. En voilà un défit intéressant. Cela dit, sans maîtrise de la population mondiale, ça reste compliqué à réussir. Et pour le coup, rien a reprocher à l’Europe en la matière...
a écrit le 24/11/2020 à 11:37 :
Les chaudières gaz seront interdites en construction neuve prochainement, ou ne pas dépasser 4g/m²/an CO2 (en chauffant à 18°C je suis à 12g, maison B thermiquement), à 9°C peut-être 4g ? Les fabricants ne feront plus que du remplacement de chaudières en place, jusqu'à interdiction (reconversion en isolateur de bâtiments ? Comme ceux travaillant à la construction d'avions ou de bateaux)(bateaux = autant de CO2 que les avions).
L'élevage/agriculture c'est pas 23% du CO2 émis ? Mangeons moins de viande, c'est urgent (la viande issue de cellules animales, ça avance (entreprise US qui participerait aux dons à L214 et espère fournir la planète entière le moment venu) mais sait-on avec quel bilan énergétique global ?)
a écrit le 24/11/2020 à 8:49 :
Il n'y a pas lieu de s'en étonner. La production de CO2 est inhérente au développement humain. Le Club de Rome nous avait averti en 1972, des dangers de la croissance infinie, maintenant, nous y sommes.
a écrit le 24/11/2020 à 8:08 :
Il est quand même hallucinant que ce type d'information j'en ai entendu parler au collège, exactement de la même façon ! Que de toutes façons même si on arrête tout d'un coup les gaz à effet de serre continuent de s'accumuler avant de se disperser.

Ça fait plus de trente ans que nos dirigeants savaient bon sang !!!

P... de déclin... -_-
Réponse de le 24/11/2020 à 11:43 :
Se disperser ? Rien ne se crée rien ne se perd, le CO2 doit être absorbé (mer, plantes qui poussent), le méthane se transforme, le N2O aussi (hautes couches, ozone, etc), mais planter des milliards d'arbres suffirait-ce ? L'absorption se fait sur la durée, un arbre petit absorbe pas mal mais c'est peu. Trop grand il végète, stagne, devient bon à exploiter et permettre à la lumière de pénétrer le sous-bois pour les petits plants.
(suis trop vieux, on n'en parlait pas au collège de ces trucs, d'où notre ignorance :-) )
Réponse de le 24/11/2020 à 12:06 :
Non tu n'y es toujours, la solution c'est soit la classe dirigeante se bouge enfin le derch pour les milliards d'habitants qui habitent cette planète et les ont enrichi copieusement, soit on élimine cette classe dirigeante et on fait ce qu'il faut nous-mêmes, on a plus trente ans devant nous.

Tu te perds sans cesse dans des détails inutiles hein, c'est épuisant...

Et si je peux pas et-c...

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