Financement des énergies vertes : cinq pays européens réaffirment leur opposition au nucléaire
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Le gaz et le nucléaire sont-ils compatibles avec la lutte contre le changement climatique ? Depuis maintenant de longues semaines, la question divise l'Union européenne au travers la future taxonomie des énergies vertes, c'est-à-dire la liste des énergies considérées comme vertueuses à la fois pour le climat et l'environnement que la Commission doit proposer d'ici la fin de l'année. Celle-ci pourrait exclure le nucléaire. Cette classification ouvrira l'accès à la finance verte, donnant un avantage compétitif crucial aux filières reconnues.
Dernier épisode en date de cette querelle qui oppose les Etats européens entre eux : à Glasgow, lors de la COP26, les ministres de cinq pays de l'UE ont estimé jeudi que l'énergie nucléaire était "incompatible" avec les critères de la liste des investissements considérés comme "durables" actuellement élaborée par l'UE.
"L'énergie nucléaire est incompatible avec le principe de 'non-préjudice significatif' de la taxonomie européenne", assurent dans une déclaration commune les ministres de l'Environnement d'Allemagne, d'Autriche, du Danemark, du Luxembourg et du Portugal, rendue publique à l'occasion de la conférence sur la climat qui se tient à Glasgow.
"Nous reconnaissons le droit souverain des Etats membres de se décider en faveur ou contre l'énergie nucléaire dans le cadre de leurs systèmes énergétiques nationaux. Mais nous craignons qu'inclure l'énergie nucléaire dans la taxonomie affecterait durablement son intégrité, sa crédibilité et donc son utilité", écrivent-ils.
Ils estiment que cette classification pourrait notamment inquiéter certains investisseurs et que "ces voix du marché doivent être entendues".
Dix Etats de l'UE emmenés par la France avaient publié mi-octobre une tribune soutenant le nucléaire. Les signataires estiment que le nucléaire peut protéger les européens contre la hausse des prix des énergies, mais aussi qu'il pourrait "générer près d'un million d'emplois très qualifiés en Europe", selon eux.
De son côté, le vice-président de l'exécutif européen Valdis Dombrovskis avait défendu le nucléaire lors d'une réunion des ministres des Finances. "Il est important que nous reconnaissions le rôle du nucléaire en tant qu'énergie bas carbone dans notre effort" de réduction des émissions de CO2, avait déclaré le responsable letton. De plus, dans un rapport rendu fin mars, le service scientifique de la Commission (JRC) a estimé qu'"aucune analyse ne fournit de preuves scientifiques que l'énergie nucléaire porte atteinte à la santé humaine ou à l'environnement davantage que les autres énergies" susceptibles d'intégrer la taxonomie.
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D'autres pays comme l'Allemagne, l'Autriche ou le Luxembourg se disent opposés, épinglant le problème du stockage à très long terme des déchets radioactifs. Mais Berlin avait semblé ouvrir mi-octobre la voie à un compromis. Berlin doit avoir achevé en 2022 sa sortie du nucléaire, décidée en 2011 après la catastrophe de Fukushima, au Japon. Les autres pays de l'appel publié jeudi n'ont pas de production énergétique nucléaire.
(avec AFP)
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