Mobilité électrique : Sparklin veut accélérer sur la charge lente

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Ce trio d'entrepreneurs nantais a fondé Sparklin pour démocratiser la charge lente et combler un trou dans la raquette dans l'offre de solutions de charge électrique des véhicules.
Ce trio d'entrepreneurs nantais a fondé Sparklin pour démocratiser la charge lente et combler un trou dans la raquette dans l'offre de solutions de charge électrique des véhicules. (Crédits : sparklin)
Sparklin développe une prise de charge lente intelligente et connectée, utilisable pendant les stationnements prolongés des véhicules. Objectif : accélérer le déploiement massif des infrastructures de charges dédiées à la mobilité pour favoriser la transition énergétique en France et en Europe.

Jusqu'ici négligé au profit des charges rapides, le développement de prises de charge lente pourrait contribuer à l'accélération de la transition énergétique. C'est, en tout cas, le pari fait par Sparklin, une jeune pousse fondée par trois acteurs nantais, Thierry Jahier, CEO de Sparklin et ex-directeur de projets innovation et mobilité chez EDF, Laurent Stéphan, DG de Sparklin et CEO de 4Mod technologies, spécialisée dans la conception et le design de solutions innovantes (télécommandes) pour les opérateurs téléphoniques et les Box TV, et Romain Menetrier, CEO d'Emblock, spécialiste de la blockchain des infrastructures. Le trio a mis en commun ses savoir-faire respectifs pour répondre à l'un des enjeux de la mobilité et contribué aux ambitions gouvernementales de charger un million de véhicules électriques en circulation d'ici 2022 et de déployer sept millions de points de charge d'ici 2030. Pour cela, ils ont développé un prototype de prise de charge intelligente capable de d'alimenter « aussi bien un vélo qu'une Tesla », explique Thierry Jahier.

Un comportement différent

Dès les mois de mois de mai-juin, une trentaine de démonstrateurs doit être déployée en Pays de la Loire, en Bretagne et en région parisienne dans des hôtels, des gites, sur des lieux de travail, des parkings, des résidences... « C'est un dispositif qui veut répondre à un besoin du marché où l'offre stationnaire est chère et très peu étoffée. Or, dans 95% des cas, le véhicule est à l'arrêt pour un temps long et ne nécessite pas d'avoir recours à une charge rapide dont l'équipement est couteux. Et ça, c'est un frein au développement du véhicule électrique. Jusqu'ici on a surtout privilégié les charges de fortes puissances parce que dans inconscient, l'automobiliste est habitué à faire le plein en trois minutes et avoir 600 km d'autonomie. Là, on apporte un mode de comportement complètement différent », estime le Ceo de Sparklin, qui entend produire une prise (230 volts -16 ampères- 3,7 kVA) à 150 euros, dix fois moins couteuse que les solutions proposées sur le marché. « Et qui n'oblige pas à souscrire à un sur-abonnement contrairement aux appareils d'un puissance de 32 ampères », précise Thierry Jahier. En contrepartie, le « plein » d'une voiture se fait en huit heures au lieu de quatre, mais... la nuit.

prise charge lente sparklin

Pensée pour un usage partagé

Plus qu'un simple connecteur utilisable à domicile, la prise Sparklin a été pensée pour un usage partagé. Connectable en wifi, en Bluetooth et en 4G, la solution de Sparklin nécessite de s'identifier individuellement via une application dédiée pour avoir accès à l'énergie. « Le sujet de la prise électrique, c'est aussi un sujet d'infrastructures», explique Thierry Jahier. Grâce à une interface sécurisée par la blockchain d'Emblock, le propriétaire de la prise, comme un syndic, un hôtel ou une entreprise, bénéficie des informations de charge, au jour le jour, à la semaine ou au mois qu'il peut refacturer à l'utilisateur. « On peut même envisager un prépaiement comme dans les stations-services ou avec Paybyphone pour le stationnement », ajoute Thierry Jahier. Emblock a pour cela développé des applications pour les utilisateurs, pour les techniciens, des applis web pour les clients et les API (Application Programming Interface) nécessaires à l'intégration du service par les opérateurs.

Pour le Btob et le BtoC, en France et à l'international

Fabriqué en Europe et en Tunisie, ce nouveau dispositif recyclable, conçu à partir de plastiques bio sourcés par un plasturgiste vendéen, devrait être commercialisé dès le mois de septembre prochain. L'investissement porte sur 400.000 euros, soutenu à hauteur de 150.000 euros par des emprunts bancaires et par une avance remboursable de 180.000 euros accordée par BPIFrance. Pour Sparklin qui dit se positionnée dans les objectifs de l'accord de Paris et du Plan Climat pour contribuer à la décarbonation des transports, l'objectif est d'installer 10.000 prises la première année, 30.000 la deuxième et 60.000 à trois ans pour un chiffre d'affaires qui pourrait avoisiner les 15 millions d'euros. Le développement de l'entreprise passe par une double stratégie. Française d'abord, en s'adressant, d'une part, à des gestionnaires de flottes, des grands comptes type Vinci, Eiffage, Spie... des investisseurs, et à des opérateurs de mobilité comme Proxiserve, Engie, Izivia... pour compléter leurs offres commerciales, avec la possibilité de disposer d'un produit en marque blanche. L'autre versant de la stratégie, c'est le marché du BtoC (particuliers, hôtellerie, camping...). Ensuite, d'ici 2022, Sparklin entend se déployer vers les pays du Nord de l'Europe (Allemagne, Benelux...), déjà structurés autour du véhicule électrique, puis vers les pays du Sud (Espagne, Italie, Portugal...), moins avancés, mais très fréquentés par les touristes.

En ce sens, Sparklin, qui a reçu le soutien des pôles de compétitivité EMC2, ID4car et S2E2, a rejoint le hub d'innovation territorial nantais Atlanpole. Son expertise des marchés internationaux et des structures de financement devrait l'aider à élaborer des stratégies partenariales et des alliances commerciales ad hoc par pays auprès d'opérateurs de mobilité, de réseaux d'installateurs ou de constructeurs automobile et à lever les fonds nécessaires...

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Commentaires
a écrit le 24/03/2021 à 20:58 :
La quasi absence de bornes de recharge publiques en milieu urbain, où la propriété d'une place de parking électrifiable est rare, est actuellement le principal frein au développement massif de l'electromobilité.
a écrit le 24/03/2021 à 19:23 :
Charge lente .? Veut dire 24 h sur place ?

Pourquoi ne pas investir directement dans l'hydrogène et déployer des stations hydrogène ?

Va t'on connaître une opération comme le coaxial ..qui à été mort né .

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