Pour Ariane Kirtley, l'eau c'est sa vie
Valérie Abrial
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Photo d'illustration
Amman Imman
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Ne vous fiez pas aux apparences... Derrière son allure gracile et aérienne se cache une force (in)tranquille et obstinée. Ariane Kirtley fait partie de celles qui se battent pour les autres. Parce que c'est comme ça. Parce ce que ça ne pouvait pas être autrement. Parce que, quand on aime, on n'a pas le choix. Elle est ainsi, Ariane. Entière, sincère, amoureuse de l'Afrique et de celles et ceux qui y habitent. Ses amis auprès de qui elle a grandi, son frère et ses parents photoreporters pour National Geographic. Une époque heureuse durant laquelle sa meilleure amie est... une gorille. Pas étonnant que, devenue jeune adulte, alors qu'elle est de retour en Europe, Ariane se destine à devenir primatologue avec le rêve de revenir en Afrique, le continent de son cœur.
Et lorsqu'elle y revient enfin, pour étudier les primates, elle y découvre une réalité bien peu réjouissante. Ses chers amis sont devenus braconniers, ils brûlent les forêts pour en chasser les animaux et les tuer. Parce qu'ils n'ont pas d'autre choix pour faire vivre leur famille. Voilà à quoi ils en sont réduits. Détruire le vivant de leur terre pour survivre.
Tout bascule pour Ariane. « Je ne pouvais pas rester sans rien faire. Cette situation était trop douloureuse. C'est à ce moment-là que j'ai décidé qu'il fallait que j'aide mes amis à vivre tout en respectant leur environnement. Alors que j'étudiais la primatologie à Yale, j'ai changé de voie pour étudier l'anthropologie médicale et la santé publique, puis je suis retournée au Niger pour travailler avec l'ONG Care International dans une zone nomade que je ne connaissais pas : l'Azawak. »
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Et là, nouveau choc, lorsqu'Ariane découvre que les populations y meurent littéralement de soif. Pas parce que l'eau est non potable, comme la jeune femme l'a souvent vu dans d'autres régions. Non, dans cet endroit, il n'y a pas d'eau. « Les mamans venaient me voir en me disant : aidez-nous à avoir de l'eau, nos enfants meurent de soif. » De campement en campement, toujours la même complainte : « Aidez-nous à avoir de l'eau ».
Valérie Abrial
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