Pépite française du plastique recyclé, Skytech change d’échelle
Nathalie Jourdan
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Voici ce que deviennent les coques de téléphone portable ou les pare-chocs de voitures après traitement.
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Voici ce que deviennent les coques de téléphone portable ou les pare-chocs de voitures après traitement.
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Donner une nouvelle vie aux plastiques techniques qui entrent dans la composition des pare-chocs de voitures, des machines à café, des raccords de plomberie, des coques d'équipements électroniques ou encore des boîtiers télécom. C'est le défi auquel s'est attelé Skytech. Au terme de dix ans de recherche menées avec le CNRS et l'ENS de Paris Saclay, elle a développé une technologie reposant sur la tribo-électricité* pour séparer efficacement ces déchets complexes beaucoup plus difficiles à traiter que le PET de nos bouteilles plastique.
Concrètement, la tribo-électricité est un phénomène électrostatique créé par la mise en contact de deux matériaux de natures différentes. « Ce principe de séparation, économe en eau et en énergie, permet d'atteindre des niveaux de pureté de l'ordre de 99% qui assurent une qualité optimale pour des produits très techniques », vante Christophe Lamboeuf, son directeur général. Une fois triés, les polymères sont enrichis en additifs (anti-UV, fibre de verre, pigments....) de façon à fournir une matière première prête à l'emploi conforme aux exigences des industriels. À l'arrivée, cela permet une économie de 95% des émissions de CO2 comparé aux mêmes résines issues du pétrole.
Un procédé que Skytech éprouve désormais à grande échelle. Après avoir délaissé son bâtiment trop exigu de Bonnières-sur-Seine (Yvelines), elle a emménagé au voisinage de la Seine dans une usine de 20.000 m2 située à Gaillon dans l'Eure. Le tout moyennant un investissement de 17 millions d'euros soutenu par France Relance et l'Ademe.
Deux des quatre lignes sont opérationnelles depuis le printemps. À pleine capacité, l'établissement (106 salariés) produira entre 50.000 et 60.000 tonnes de polymères recyclés. Un volume que la société ne devrait pas avoir de mal à écouler, à écouter son président Jérome Le Conte, par ailleurs ex numéro 2 de Veolia.
Nathalie Jourdan