Rattaché à l’université Paris-Saclay, Philippe Ciais est directeur associé du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE), une structure placée sous la tutelle du CNRS et du Commissariat à l’énergie atomique (CEA).
Le chercheur Philippe Ciais, spécialiste du cycle du carbone à l'université Paris-Saclay et au CEA, occupe la première place du classement mondial des scientifiques du climat les plus cités.
Le climat a son champion français. Selon le classement « Cosmos 500 », publié lundi par le média britannique spécialisé Carbon Brief, le chercheur Philippe Ciais est aujourd’hui le scientifique le plus cité au monde dans les études consacrées au changement climatique. Une reconnaissance qui récompense plusieurs décennies de travaux sur le cycle du carbone, au cœur des enjeux de décarbonation de l’économie mondiale.
D’après les données compilées par Project Cosmos, une nouvelle base recensant plus de 1,8 million de publications scientifiques liées au climat, les travaux de Philippe Ciais ont été cités 69.655 fois par d’autres chercheurs. Le scientifique français arrive ainsi en tête d’un classement destiné à mesurer l’influence académique des chercheurs dans ce domaine stratégique.
Rattaché à l’université Paris-Saclay, Philippe Ciais est directeur associé du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE), une structure placée sous la tutelle du CNRS et du Commissariat à l’énergie atomique (CEA). Il est également co-directeur du Projet carbone mondial (Global Carbon Project), une initiative internationale qui suit l’évolution du cycle du carbone à l’échelle planétaire.
Avec plus de 1.300 publications académiques à son actif, le chercheur a contribué à plusieurs rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), dont les conclusions servent de référence aux décideurs publics et aux entreprises dans l’élaboration de leurs stratégies climatiques.
L’importance des grands projets collectifs
L’article scientifique le plus cité auquel il a participé est consacré au budget carbone mondial de 2019. Signé par près de 150 chercheurs, il détaille notamment « les jeux de données et la méthodologie nécessaire pour quantifier les cinq éléments principaux du budget carbone mondial ».
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Philippe Ciais attribue cette première place à son implication dans de vastes programmes internationaux. « Les participations à ces gros projets collectifs, qui sont très connus et très cités » expliquent en grande partie son rang dans le classement, estime-t-il. « Les puits de carbone sont un sujet planétaire qui intéresse du monde et j’ai commencé ma carrière il y a longtemps », ajoute le scientifique.
Né en 1966, Philippe Ciais s’est spécialisé dans l’étude des puits naturels de carbone, c’est-à-dire la capacité des sols, des forêts tropicales ou encore des océans à absorber une partie du dioxyde de carbone émis par les activités humaines. Un domaine devenu crucial alors que les États et les entreprises cherchent à atteindre la neutralité carbone.
Coopération scientifique
Carbon Brief met également en avant son rôle dans la coordination du programme européen ICOS (Integrated Carbon Observation System), un vaste réseau de mesure du carbone regroupant 180 stations réparties dans 16 pays européens. Philippe Ciais a contribué à son développement entre 2005 et 2013, participant à la structuration d’infrastructures de recherche devenues essentielles pour le suivi des émissions et des absorptions de CO2.
Pour Pep Canadell, directeur de Carbon Brief, la première place du chercheur français s’explique notamment par sa capacité à faire travailler ensemble des disciplines scientifiques diverses, une compétence devenue indispensable dans un domaine où se croisent climatologie, écologie, géophysique et modélisation.