Venue sur le marché de la valorisation des huiles alimentaires usagées utilisées pour la fabrication de biocarburants, la société nantaise Valoléique s’apprête à doubler ses capacités de production pour répondre aux besoins grandissants de l’industrie agroalimentaire.« La vente, ce n'est pas le problème... Tout le monde demande des matières premières. Aujourd'hui, avec la prise de conscience de la nécessité de réduire les émissions de Co2, l'intérêt pour les biocarburants est fort. Et l'avenir, c'est l'aérien... à l'image du Biojet, le carburant écologique lancé par BP ou l'HVO, le gazole paraffinique de synthèse mis au point par Total, qui, l'un comme l'autre affirme réduire de moitié l'empreinte carbone de leur carburant», lorgne Aurélien Houdbine, co-fondateur de la société Valéloique, spécialisée dans la collecte et le recyclage des huiles alimentaires usagées utilisées dans la production des biodiesels, récemment estampillés B7 à la pompe.
Issus de l'industrie chimique où l'un officiait dans la collecte des déchets et l'autre dans la régénération des solvants, Aurélien Houdbine et Arnaud Le Clanche ont uni leur savoir-faire en 2012 pour fonder Valéloique, à Bouaye, près de Nantes. « Et nous nous sommes mis à collecter les huiles de cuisson, de friture et les graisses dans les restaurants et l'industrie agroalimentaire», indique Aurélien Houdbine. Des matières dont les uns et les autres se débarrassaient comme ils le pouvaient, quand ça ne finissait pas dans les égouts... Armés d'un fondoir, de filtres, d'étuves et de cuves de décantation, le duo développe un process permettant de liquéfier et de séparer les fluides et les matières solides pour produire un mélange répondant aux acidités demandées par le cahier des charges des raffineurs (Nord Ester, Dielix...). « Lors de la production de biodiesel, les huiles alimentaires usagées et les graisses sont transformées en esters méthyliques par technique de transestérification afin d'obtenir des propriétés physiques proches de celles du diesel, dont le B7 qui en contient 7% », explique Aurélien Houdbine. De 2014 à 2019, l'entreprise a vu son chiffre d'affaires grimper de 280.000 euros à 2 millions en 2019.
Les restos à terre, l'agro sauve la mise