La Chine veut sécuriser ses ressources alimentaires

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L'État subventionne les entreprises qui veulent acquérir des terres.

Le pouvoir chinois encourage désormais officiellement ses entreprises à acheter, louer ou exploiter des terrains agricoles à l'étranger. Pékin a en effet publié en avril un « programme pour la coopération économique et technique à l'étranger » qui fait de l'agriculture un secteur clé. Les compagnies chinoises qui lorgnent sur les terres africaines ou sud américaines peuvent obtenir plus de 3 millions d'euros de subventions. En 2008, le ministre de l'Agriculture avait déjà proposé un plan similaire avant de faire machine arrière devant la levée de boucliers internationale. Mais cette fois, la Chine n'a plus vraiment le choix. « Nous devons nourrir 22 % de la population mondiale avec seulement 6 % de l'eau et 7 % des terres cultivables », résume Jiang Wenlai, chercheur à l'Institut des sciences agricoles de Chine.

Aujourd'hui la Chine reste un acheteur modeste comparé aux États du Golfe ou à la Corée du Sud : l'agriculture représentait 0,8 % de ses investissements étrangers en 2009. Mais le nouveau soutien affiché de Pékin va sûrement accélérer cette tendance alors que les terrains échangés sur le marché mondial sont plus vastes et les accords le plus souvent signés entre États ou avec des entreprises liées de près au pouvoir.

« Un bon investissement »

Liu Hailing, directeur de Fuende, un fonds investi dans l'agro-alimentaire explique : « Avec le changement climatique, la demande pour les biocarburants et l'augmentation de la population mondiale, l'agriculture est devenue un bon investissement ; la Chine apporte des capitaux, des technologies et des compétences managériales qui manquent. C'est une relation gagnant-gagnant. » L'achat ou la location de terres par une puissance étrangère reste cependant politiquement sensible. En 2010, l'entreprise publique Chongqing Grain a annoncé le plus important investissement agricole chinois à l'étranger (269 millions d'euros) pour une exploitation de soja au Brésil. Une décision qui a immédiatement incité Brasilia à concocter un projet de loi visant à interdire la vente de terres à des étrangers.

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