Le New Space, cet électrochoc qui a réveillé la filière spatiale
Priscille Lacombe et Israa Lizati
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Gilles Rabin/Cédric Balty
CNES/PIRAUD Herve, 2017 - Laurent Barranco
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Gilles Rabin/Cédric Balty
CNES/PIRAUD Herve, 2017 - Laurent Barranco
La Tribune : Comment percevez-vous le New Space ?
Gilles Rabin : Ce sont plusieurs vecteurs, accélérations et disruptions qui ont lieu en même temps. La première est technologique, la digitalisation que représente le New Space entraîne une miniaturisation qui a pour conséquence une baisse des coûts. La deuxième disruption est financière. Le financement du marché n'est pas seulement public, il attire divers investisseurs. Le troisième changement est organisationnel. Dans les années 70-80, au niveau mondial, il y avait 4 agences spatiales, aujourd'hui elles sont 44. Donc on a des changements d'organisation qui font que les vieilles structures doivent évoluer. Dorénavant le modèle comporte des grandes entreprises mais également des sous-traitants, des laboratoires scientifiques, des laboratoires de R&D et des agences qui doivent inventer une bonne manière de travailler ensemble. Enfin, dans la quatrième disruption, nous sommes envahis de données qui sont absorbées par les GAFA sur lesquels nous avons un retard considérable. Et sur ce point, nous avons en Europe un risque de nous faire balayer.
Cédric Balty : Les entreprises du New Space ont une vision globale, qu'elles présentent à très court terme, porteuse de rêves, de projets qui donnent envie et qui attirent des investisseurs. Nous, nous avions jusque-là une démarche beaucoup plus séquentielle pour nos grands projets. Nous allions voir des agences, nous établissions une roadmap (feuille de route, ndlr) et travaillions sur le projet durant 10 ans. Les entreprises du New Space ont une vision sur 50 ans mais elles vont très vite produire quelque chose qui aura une valeur marchande et ainsi générer des revenus. Cependant, le New Space n'est pas mûr. Il le sera lorsqu'il y aura des satellites en l'air fournisseurs de services qui apporteront des financements permettant de racheter de nouveaux satellites.
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