En réorganisation, Thales Alenia Space s'adapte au (nouveau) marché satellitaire

Pierrick Merlet

Denis Allard est le directeur du site toulousain de Thales Alenia Space depuis novembre 2019.
Thales Alenia Space/JP Grèzes

Pierrick Merlet

Denis Allard est le directeur du site toulousain de Thales Alenia Space depuis novembre 2019.
Thales Alenia Space/JP Grèzes
L'annonce avait secoué l'écosystème spatial toulousain. Au tout début de l'été 2019, Thales Alenia Space (TAS) annonce la suppression de 452 postes sur ses sites de Toulouse (2 600 salariés aujourd'hui, sur un total de 8 000 collaborateurs ndlr) et Cannes d'ici fin 2020, avec une répartition équitable sur chaque site. La raison ? Une baisse du chiffre d'affaires en 2017 et 2018 à cause d'un nombre de commandes de nouveaux satellites bien plus faible que les années antérieures. Mais pour Denis Allard, le directeur du site toulousain depuis novembre dernier, c'est plutôt une adaptation des compétences de ses collaborateurs aux nouveaux besoins du marché.
Si "le plan suit son cours" six mois après son officialisation, parallèlement, des recrutements sont en cours pour acquérir ces nouvelles compétences. Pour autant, Thales Alenia Space refuse de communiquer sur les chiffres sur ses nouveaux collaborateurs et par conséquent le solde entre les départs et les arrivées dans ses rangs.
Avec l'appui de ses nouvelles compétences, TAS s'est fixée comme priorité de faire évoluer et donc d'adapter son offre pour répondre aux besoins des clients du marché (qui peuvent être aussi bien privés qu'institutionnels). Dès lors, le groupe industriel a mis au point la plate-forme Spacebus NEO.
La filiale spatiale de Thales a déjà vendu sept satellites de "cette ligne de produits mature", dont le dernier en date l'Amazonas Nexus, commandé par l'opérateur espagnol de télécoms par satellite Hispasat. Pour offrir "une gamme la plus large possible", TAS travaille également sur une autre plateforme Space Inspire pour mettre au point des satellites plus petits mais complétement remaniables en orbite.
Si encore aucun contrat n'a été décroché pour ce nouveau produit, Thales Alenia Space espère son premier lancement pour 2023. D'ici là, TAS s'est positionné sur l'appel d'offres lancé par Telesat pour la livraison de 300 satellites de 850 kgs avec un premier lancement pour 2023-2024, et dont la réponse est attendue pour cette année 2020.
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Si le dénouement se voulait heureux pour Thalès, la réalisation de cette commande passerait par des alliances industrielles selon ses dires, tout en monopolisant des centaines de personnes au sein de TAS. Mais quoi qu'il en soit, "la période 2019-2020 est bien meilleure que nos prévisions du début d'année 2019". Sur l'année qui vient de s'écouler, TAS a notamment décroché quatre contrats pour des satellites de télécommunications, deux pour des charges utiles et un contrat pour un satellite scientifique.
Pierrick Merlet