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ENTREPRISES - La Tribune Toulouse

En réorganisation, Thales Alenia Space s'adapte au (nouveau) marché satellitaire

Photo de Pierrick Merlet

Pierrick Merlet

Publié le 15 janvier 2020 à 10:20 - Mis à jour le 16 janvier 2020 à 13:05

Denis Allard est le directeur du site toulousain de Thales Alenia Space depuis novembre 2019.

Denis Allard est le directeur du site toulousain de Thales Alenia Space depuis novembre 2019.

Thales Alenia Space/JP Grèzes

Le Quotidien Numérique

04 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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Une baisse du chiffre d'affaires de Thales Alenia Space avait entraîné l'annonce de la suppression de 452 postes à Toulouse et Cannes en 2019. Depuis, des recrutements sont en cours pour adapter ses compétences aux nouvelles demandes du marché satellitaire. Ainsi, de nouvelles lignes de produits émergent et TAS a enregistré quelques succès commerciaux dernièrement. Le nouveau directeur du site de Toulouse, Denis Allard, fait le point.

L'annonce avait secoué l'écosystème spatial toulousain. Au tout début de l'été 2019, Thales Alenia Space (TAS) annonce la suppression de 452 postes sur ses sites de Toulouse (2 600 salariés aujourd'hui, sur un total de 8 000 collaborateurs ndlr) et Cannes d'ici fin 2020, avec une répartition équitable sur chaque site. La raison ? Une baisse du chiffre d'affaires en 2017 et 2018 à cause d'un nombre de commandes de nouveaux satellites bien plus faible que les années antérieures. Mais pour Denis Allard, le directeur du site toulousain depuis novembre dernier, c'est plutôt une adaptation des compétences de ses collaborateurs aux nouveaux besoins du marché.

"Ce sont pour une partie des départs volontaires et pour l'autre de la mobilité au sein du groupe Thales. C'est un équilibrage des compétences par rapport à une situation de marché. Nous sommes dans une phase où le marché et la technologie évoluent avec des satellites de plus en plus numériques, composés de gros calculateurs. Nous avons donc besoin de compétences nouvelles en logiciel, big data et intelligence artificielle notamment", analyse le directeur toulousain.

Si "le plan suit son cours" six mois après son officialisation, parallèlement, des recrutements sont en cours pour acquérir ces nouvelles compétences. Pour autant, Thales Alenia Space refuse de communiquer sur les chiffres sur ses nouveaux collaborateurs et par conséquent le solde entre les départs et les arrivées dans ses rangs.

Deux nouvelles plateformes pour un renouveau

Avec l'appui de ses nouvelles compétences, TAS s'est fixée comme priorité de faire évoluer et donc d'adapter son offre pour répondre aux besoins des clients du marché (qui peuvent être aussi bien privés qu'institutionnels). Dès lors, le groupe industriel a mis au point la plate-forme Spacebus NEO.

"C'est une plateforme qui permet de concevoir des satellites à propulsion totalement électrique, permettant donc de réduire les coûts de lancement et de recevoir une charge utile très importante et très puissante. La plateforme Spacebus NEO permet par exemple d'envoyer des satellites HTS pour l'internet à très haut débit, d'une puissance d'un térabit par seconde", décrit Denis Allard.

La filiale spatiale de Thales a déjà vendu sept satellites de "cette ligne de produits mature", dont le dernier en date l'Amazonas Nexus, commandé par l'opérateur espagnol de télécoms par satellite Hispasat. Pour offrir "une gamme la plus large possible", TAS travaille également sur une autre plateforme Space Inspire pour mettre au point des satellites plus petits mais complétement remaniables en orbite.

"Ce seront des satellites compactes, tirables par trois, d'un poids de deux à trois tonnes chacun. Par contre, la plateforme sera plus petite que la Spacebus Neo et donc la charge utile par satellite sera moins importante d'où notre volonté d'offrir la possibilité au client d'en tirer trois en même temps, qui seront maniables. Aujourd'hui, il y a des besoins énormes de flexibilité. En apportant de la digitalisation à bord de nos satellites avec des systèmes d'antennes actives, nous allons les rendre flexibles. Ainsi, une fois en orbite, avec Space Inspire, vous pourrez reconfigurer la mission du satellite et sa zone de couverture", explique Denis Allard.

Un appel d'offres qui peut changer la donne

Si encore aucun contrat n'a été décroché pour ce nouveau produit, Thales Alenia Space espère son premier lancement pour 2023. D'ici là, TAS s'est positionné sur l'appel d'offres lancé par Telesat pour la livraison de 300 satellites de 850 kgs avec un premier lancement pour 2023-2024, et dont la réponse est attendue pour cette année 2020.

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"Cet appel d'offres correspond à la mise en placed'une constellation Iridiumaméliorée, avec des capacités de transmission bien meilleures que celle-ci, mais pour des services similaires. C'est-à-dire pour la télécommunication pour l'aéronautique, le maritime, le haut débit, etc. C'est un contrat à plusieurs milliards de dollars", dévoile le dirigeant toulousain.

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Si le dénouement se voulait heureux pour Thalès, la réalisation de cette commande passerait par des alliances industrielles selon ses dires, tout en monopolisant des centaines de personnes au sein de TAS. Mais quoi qu'il en soit, "la période 2019-2020 est bien meilleure que nos prévisions du début d'année 2019". Sur l'année qui vient de s'écouler, TAS a notamment décroché quatre contrats pour des satellites de télécommunications, deux pour des charges utiles et un contrat pour un satellite scientifique.

Pierrick Merlet

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