Baromètre des dirigeants d’entreprises : un sur deux en risque de burn-out

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Pierre-François Canet, le président de l'AIPALS contextualise ainsi la décision de ce service de santé au travail de lancer, à l'automne 2020 et en partenariat avec l'observatoire Amarok*, une vaste enquête auprès des chefs d'entreprise de ses 3.600 entreprises adhérentes du Grand Montpellier (soit le suivi de 40.000 salariés), afin de dresser un état des lieux. L'enquête s'est déroulée entre le 19 octobre et le 18 novembre 2020. Pour rappel, le 2e confinement a été décrété le 28 octobre 2020. Certains chefs d'entreprise ont répondu avant, d'autres pendant ce confinement. 256 chefs d'entreprises ont répondu, dont la majorité (53,2 %) sont dirigeants d'une TPE et 54% non-salariés.
Six dirigeants sur dix décrivent leur santé physique comme "bonne", voire "très bonne et excellente". En revanche, plus de la moitié d'entre eux estiment que leur santé mentale n'est pas bonne. Le signal le plus inquiétant vient de la mauvaise qualité du sommeil dont souffre près de 65% des répondants.
Globalement, 42,5 % des répondants se décrivent comme "isolés", voire "très isolés", et la grande majorité des chefs d'entreprise (89,9 %) se déclarent « stressés », dont même 11,9 % "extrêmement stressés".
Un dirigeant sur deux (50,9%) présente un risque de burn-out, dont 17,3% un risque élevé et 9,7% un risque très élevé. Soit une nette dégradation par rapport à l'enquête Amarok de mars 2019. Les signes de risque de burn-out qui s'observent le plus dans les réponses sont la fatigue, la déception vis-à-vis de certaines personnes et le sentiment d'en avoir marre. En revanche, les signes de risque de burn-out qui s'observent le moins dans les réponses sont le fait d'être physiquement faible ou malade, le désespoir et le fait d'être sans valeur. C'est le sentiment d'impuissance qui a le plus progressé par rapport à 2019 (+ 35%).

Selon le baromètre réalisé à par l'AIPALS et l'observatoire Amarok à l'automne 2020, 50,9% des dirigeants présentent un risque de burn-out.
Le nombre de chefs d'entreprise exposés à un risque de burn-out est nettement supérieur dans les TPE : 13% contre 6% pour les entreprises entre 10 et 49 salariés, et 9% pour les entreprises de plus de 50 salariés.
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Logiquement, le baromètre de l'AIPALS, qui couvre majoritairement dans les secteurs des services, du transport et de la logistique, du commerce, et de l'industrie, révèle des différences selon les secteurs d'activité. Les secteurs les plus affectés sont ceux du commerce et des services.
Dans le commerce, où deux dirigeants sur trois sont non-salariés (ce qui est bien supérieur à la moyenne), 72 % n'étaient pas en télétravail (contre 50% en moyenne), les activités de commerce permettant plus difficilement le travail à distance. La proportion de dirigeant en risque très élevé de burn-out est nettement plus importante dans le commerce :16% contre 9,7% en moyenne.
Dans les services, la majorité des répondants (33%) se situant dans le risque de burn-out dit moyen. Mais selon le baromètre, la santé des dirigeants se dégrade.
Dans l'industrie, le baromètre révèle des dirigeants moins à risque, avec notamment un risque "très élevé" de burn-out inférieur à la moyenne (6% contre 9,7%). Dans ce secteur, le niveau d'étude est supérieur aux autres branches (64% ont un bac+4 et plus, contre 41%) et le taux de dirigeants salariés nettement plus important (73% contre une moyenne de 46%).
L'AIPALS indique que « le taux de satisfaction baisse moins dans l'industrie qu'ailleurs, et cela s'explique par le fait d'être salarié de son entreprise et d'avoir davantage pu poursuivre l'activité ». 56 % des répondants du secteur de l'industrie ont conservé un chiffre d'affaires à l'équilibre ou en progression (contre 40% ailleurs) et la probabilité de dépôt de bilan est de 11,9% contre une moyenne de 14,8%.
Dès le premier confinement de mars 2020, le service de santé au travail avait mis en place une cellule d'écoute dédiée aux dirigeants, composée de cinq professionnels : un psychologue, un médiateur, une infirmière santé au travail, un médecin du travail et l'animatrice QVT (Qualité de Vie au Travail). Parallèlement, de façon trimestrielle, un questionnaire est transmis aux dirigeants d'entreprise afin qu'ils puissent évaluer leur niveau de stress. En fonction de son score, le dirigeant en difficulté est contacté et accompagné par ces spécialistes.
Forte de ce nouveau diagnostic, l'AIPALS annonce qu'elle mettra en place un suivi des dirigeants d'ici la fin 2021 en étendant ses prestations de prévention à l'ensemble des dirigeants en leur proposant un réel suivi médical au travail.
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* Créé en 2009 par Olivier Torrès, professeur des Universités à Montpellier et spécialiste des petites et moyennes entreprises, l'observatoire Amarok fédère une quinzaine de chercheurs qui étudient les liens entre la santé de l'entreprise et celle de son dirigeant.