La French Tech Méditerranée invite les startups héraultaises à se rapprocher des administrations publiques à même de leur apporter, sans attendre, un judicieux conseil en cas de problème financier, fiscal ou administratif. Le tribunal de commerce de Montpellier, la Banque de France de l’Hérault ou la direction départementale des finances publiques tentent de se débarrasser de leur réputation négative au profit de leur capacité d’accompagnement…Etre une startup qui démarre sa vie d'entreprise n'exclut pas de se trouver rapidement confrontée si ce n'est à des difficultés, au moins à des questions administratives, financières ou fiscales. Et puisqu'une entreprise avertie en vaut deux, pourrait dire le proverbe, la mission French Tech a développé le programme French Tech Central, qui vise à créer du lien entre les startups et les acteurs publics dans l'objectif de raccourcir les temps de prises en charge par l'administration publique sur des thématiques variées (RH, financement de l'innovation ou de la R&D, de la croissance, sécurité, propriété intellectuelle, etc.).
C'est dans le cadre de ce programme que la French Tech Méditerranée organisait une rencontre, le 18 mai, entre les startups et le tribunal de commerce, la Banque de France ou la direction générale des finances publiques (DGFIP). Car ces acteurs publics jouent aussi un rôle de prévention et d'accompagnement et pas seulement un rôle, qui leur colle plus volontiers à la peau, de répression et de curation.
Oser parler d'échec
«J'aime à rappeler cette phrase de Winston Churchill : "Le succès, c'est d'aller d'échec en échec sans perdre son enthousiasme", souligne en préambule Thomas Fraisse, COP et cofondateur del'entreprise Lytn, pilote du programme French Tech Central à Montpellier.L'échec fait partie de la vie de l'entreprise, et il est important de ne pas répéter des erreurs et d'anticiper au mieux les risques qui pèsent sur l'entreprise... Il faut oser parler de l'échec, changer l'image de certaines institutions et ne pas avoir peur de s'adresser à elles en cas de problème avant qu'il ne soit trop tard. »
C'est bien tout le propos de Nadine Baptiste, présidente du tribunal de commerce de Montpellier : « Le tribunal de commerce fait peur car on l'assimile uniquement à la faillite de l'entreprise ! Or les procédures de sauvegarde et les redressements judiciaires ne représentent qu'un petit pan de notre activité (800 dossiers de contentieux par an, NDLR) . Le tribunal compte 44 juges bénévoles, tous issus du monde de l'entreprise et donc à même de comprendre vos problèmes. Le tribunal a un rôle important sur la prévention des difficultés des entreprises : il existe une cellule de cinq juges qui reçoit tous les vendredis matins sur rendez-vous. Les entreprises ont peur de pousser la porte du tribunal de commerce, alors qu'on est là pour écouter. Il faut dépasser ce barrage, n'attendez pas d'être en situation de cessation de paiement... ».
Prévention, dès la naissance de l'entreprise