La Tribune - ITrust vient d'officialiser une prise de participation majoritaire du groupe Iliad à son capital. Pourtant, vous aviez lancé un cycle d'opérations de croissance externe avec l'ambition de devenir un leader européen de la cybersécurité. Comment en êtes-vous arrivé à cette finalité ?
Jean-Nicolas Piotrowski - Depuis trois ans, nous discutions avec des fonds d'investissements et des industriels dans l'optique de réaliser une levée de fonds importante et voir ce que nous pouvions faire ensemble. Il y avait donc l'hypothèse de mener un tour de table conséquent et continuer notre bout de chemin tout seul, ou bien s'adosser à un industriel capable de nous donner une caisse de résonance majeure. En l'occurrence, nous travaillions déjà avec les équipes techniques de Free depuis deux à trois ans autour d'une offre marketing commune bien qu'ils proposaient déjà nos produits à certains de leurs clients. Le sujet d'une prise de participation est donc venu naturellement dans la discussion.
Quelles sont les conséquences de l'arrivée de ce grand nom du monde des télécommunications au sein du capital d'ITrust ?
Le groupe Iliad prend possession de 60% du capital et moi je conserve 40%. Cela tombe bien car nous devions changer notre capital. Nous avions une vingtaine de petits porteurs, des business angels, et trois gros investisseurs dont deux banques. Ces trois derniers ont exprimé auprès de nous leur volonté de sortir du capital car ils arrivaient au bout de leur participation. Nous avions donc mandaté une banque d'affaires pour répondre à cette demande. Avec l'arrivée de Free, nous avons simplifié l'actionnariat. C'est une manière pour eux de faire une belle plue-value et ainsi les remercier de leur confiance accordée à nos débuts. Mais c'est aussi une nouvelle étape pour ITrust car nos actionnaires ne pouvaient plus nous accompagner dans notre croissance. L'arrivée du groupe Iliad est une belle sécurité pour nous, et pour du très long terme.