Spécialiste de la protection contre le risque sanitaire et microbien, Prism limite la casse sur le marché du masque en lançant des gammes complètes d’équipements médicaux (charlottes, chaussons…). Pour asseoir son développement, la société héraultaise, qui commercialise depuis le printemps des appareils de nettoyage et de désinfection, vise un déploiement international.Un an après avoir tiré la sonnette d'alarme sur la filière française du masque qu'il jugeait en grand danger, Christian Curel, le fondateur de la société Prism (Protection contre les Risques Sanitaires et Microbiens), dénonce toujours la même politique de dumping qui favorise les masques d'importation.
« Cette année, sur la dizaine de sociétés françaises spécialisées dans les masques, deux ont été liquidées et une troisième est en redressement judiciaire,s'inquiète le dirigeant. La clause de préférence européenne ne s'applique que très peu pour les appels d'offres hors santé et certains fabricants sont contraints de baisser leurs prix, donc de vendre à perte. Je ne décolère pas quand je vois que, deux ans après la clause ministérielle, le ministère des Armées n'a pas voulu refaire d'appel d'offre et a commandé, en septembre dernier, 16 millions de masques d'importation ! »
Des perspectives encourageantes...
Malgré un contexte ultra tendu, Christian Curel dit avoir réussi à amortir la casse sur son activité de production de masques en ciblant, dès le début, le secteur de la santé. Mais il dit néanmoins avoir perdu 75% de son chiffre d'affaire en 2022 et avoir dû licencier la moitié de ses collaborateurs.
« En janvier 2022, avec les intérimaires, nous étions 25 contre 13 aujourd'hui,déplore-t-il.Depuis juin dernier, la production se fait de manière aléatoire car les hôpitaux publics et privés avec lesquels nous travaillons ont encore du stock. Mais dès 2024, ces stocks auront diminué et les masques chinois achetés pendant la crise sanitaire arriveront en péremption. Je reste optimiste et j'ai déjà en perspective, dès 2025, un important marché avec l'AP-HP (CHU d'Ile-de-France, NDLR). »
...mais une fin annoncée de la TVA à 5,5%
Sur sa chaîne de production à Frontignan (Hérault), dont la capacité à plein régime est de 120 millions de masques par an, Prism a investi plusieurs milliers d'euros pour lancer l'industrialisation de masques FFP2 spécialement conçus pour les enfants.