Un an après le boom des masques textiles, que reste-t-il du "made in Auvergne Rhône-Alpes" pour les fabricants ?
Stéphanie Gallo Triouleyre
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Selon le décompte d'Unitex, il reste encore quelque 1,6 million de masques sur les bras des entreprises de la région et de la matière pour en produire plusieurs millions de plus.
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ENQUETE. Il y a tout juste un an, la plupart des entreprises textiles de la région s'étaient lancées en urgence dans la production de masques pour parer à la pénurie. En Auvergne Rhône-Alpes, elles sont plusieurs à avoir saisi la balle au bond pour transformer l'essai en profitant des opportunités ouvertes par cet épisode, court mais intense, des masques textiles. Cinq vagues plus tard, qu'en reste-t-il ? Les masques made in AURA ont-ils su s'imposer et conquérir leur marché ?
Pierric Chalvin, directeur délégué d'Unitex AuRA (Union Interentreprises Textiles) évoque "plusieurs dizaines de millions de masques textile" fabriqués en urgence dans la région au printemps 2020, pour répondre à la demande de l'Etat confronté à une pénurie de masques chirurgicaux.
Au total, une cinquantaine de PME et ETI d'Auvergne Rhône-Alpes s'étaient alors lancées sur le sujet en particulier dans le Rhône, la Loire et la Drôme. Parmi elles, quatre locomotives : les Tissages de Charlieu (42), Boldoduc (69), Chamatex (07) et Porcher Industrie (38).
Beaucoup avaient investi dans de nouveaux outils de production et dans la R&D mais, comme l'ensemble de la filière nationale, elles se sont trouvées confrontées dès le mois de juin 2020 à un effondrement de la demande ; cette dernière se tournant désormais massivement vers les masques à usage unique, importés depuis l'Asie et devenus à nouveau disponibles...
A tel point, que plus d'un an plus tard, selon le décompte d'Unitex, il reste encore quelque 1,6 million de masques sur les bras des entreprises de la région et de la matière pour en produire plusieurs millions de plus.
Pas de nouvelles commandes publiques "prévues"
"Nous nous sommes rapprochés tout récemment de la DGE mais on nous a répondus qu'il n'était pas prévu de nouvelles commandes publiques pour des masques textiles", révèle Pierric Chalvin.
"En revanche, la Direction Générale des Entreprises nous a promis que, si les entreprises qui s'étaient engagées dans la production de masques avaient des difficultés de trésorerie en raison de leurs investissements, elles pourraient être accompagnées".
Un accompagnement qui ne sera, en réalité, pas nécessaire pour la très grande majorité des entreprises de la région, comme le précise le délégué général du syndicat textile : "Les comptes seront probablement moins reluisants que ce qu'ils auraient pu être, mais très peu d'entreprises se sont finalement mises en danger".
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