Togo : lancement du fonds Tirsal pour renforcer le secteur agricole
Emmanuel Atcha

tanzanie fermier agriculture foncier
DR.
Emmanuel Atcha

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Représentant 40% de son PIB et constituant une source d'emploi pour 60% de la population du pays, l'agriculture est d'une importance capitale au Togo. Ce qui explique les efforts constants des autorités togolaises pour promouvoir le secteur et faciliter l'accès au financement aux producteurs afin d'accentuer les rendements et d'accroître la productivité. En fin de semaine dernière, le chef de l'Etat togolais Faure Gnassingbé a dévoilé le Mécanisme incitatif de finance agricole fondé sur le partage des risques (Tirsal, Togo Incentive-Based Risk Sharing System for Agricultural Lending) censé faciliter l'accès des producteurs togolais aux prêts bancaires.
D'après les experts du gouvernement togolais, le mécanisme permettra de mettre sur pied des lignes de crédit jusqu'à 10 fois le capital d'amorçage investi dans un délai de 10 ans, ce qui portera les prêts agricoles de 0,3% à 5% du total des emprunts bancaires. Aussi le fonds Tirsal fera accroître les prêts au segment des petits exploitants agricoles de 50% du total par l'intermédiaire de «pools» (des agrégateurs, ndlr) telles que les institutions de microfinance (IMF) et les coopératives. Egalement, il contribuera à réduire les taux d'intérêts de 15% à inférieur ou égal à 10%, pour les emprunteurs grâce à l'allègement des risques et facilitera l'octroi de prêts agricoles au sein des banques dont préalablement, les bureaux spécialisés en agriculture, se seront vus renforcer les capacités techniques pour l'analyse des projets agricoles. Grâce à cette stratégie d'agrégation, à travers la professionnalisation des chaînes de valeur, l'inclusion financière et les coopératives, le projet pourrait impacter 1 million de producteur d'ici 2021, indique-t-on toujours au sein de l'exécutif togolais.
Pour la conception de ce mécanisme, le Togo a dû s'inspirer du modèle nigérian. La première puissance économique d'Afrique a lancé depuis quelques années déjà le Nirsal (Nigeria Incentive-Based Risk Sharing System for Agricultural Lending) qui est la variante nigériane du Tirsal. Et pour mieux s'en inspirer, il a fallu pour l'Etat togolais s'appuyer sur le soutien des autorités nigérianes. «C'est clair que nous n'aurons pas pu s'inspirer de son mécanisme, sans une collaboration avec le gouvernement nigérian. La plupart des consultants qui ont travaillé avec le Togo à la mise en place de ce mécanisme ont eu l'aval du gouvernement fédéral du Nigéria», a expliqué un expert sur la mise en œuvre du programme.
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Pour l'exécution du Tirsal, au total une enveloppe de 100 millions de dollars, environ 65 milliards de francs CFA sera nécessaire. Le chef d'Etat togolais a annoncé «une contribution significative de l'Etat» pour la mobilisation des fonds. Mais il faut s'attendre aussi à un appui de la Banque africaine du développement (BAD) dont le président Akinwumi Adesina, alors ministre nigérian de l'agriculture, avait lancé le Nirsal. D'ailleurs, dans son discours, Faure Gnassingbé n'a pas manqué de «remercier, pour leur disponibilité et leur appui, le gouvernement de la République Fédérale du Nigeria ainsi que la Banque Africaine de Développement». Selon les sources gouvernementales, la BAD aidera à la mobilisation de ressources additionnelles. «Les partenaires financiers mettront la main à la poche, lorsqu'il (le mécanisme, ndlr) sera en cours d'exécution», a indiqué une source dans la presse locale.
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