Vins bio : l’offre peine à satisfaire la demande
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Le marché du bio devrait doubler d'ici 2022
Muriel Chêne
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Le marché du bio devrait doubler d'ici 2022
Muriel Chêne
Le salon Millésime bio qui a ouvert ses portes lundi 29 janvier à Montpellier continue à surfer sur le succès des vins bio. Avec un hall supplémentaire, le salon accueille cette année 200 exposants supplémentaires soit un total de 1200 producteurs de vins, venus de 22 pays. Nouveauté pour cette édition : un espace est dédié aux boissons alcoolisées : cidres, bières, whiskies, gin, liqueurs, pastis, rhum, armagnac, cognac et autres spiritueux.
La belle affluence de visiteurs dès le premier jour du salon, en hausse de 15 à 20 % selon les premières estimations, témoigne de la vitalité de la filière des vins bio en France. Sur la période 2012-2017, les ventes ont progressé de 16,8 % en volume sur le marché domestique.
Selon une étude menée par Sud Vin bio-Millésime bio-IWSR, la croissance devrait se poursuivre dans les prochaines années avec une progression de 14 % par an sur la période 2017-2022, qui va permettre au marché de pratiquement doubler de volume (+ 85 % d'ici 2022).
"La demande est très forte. Toute notre production était réservée avant même les vendanges. La cave a produit 64 0000 hl dont les ¾ en bio. Si nous en avions produit le double, on l'aurait vendu", soutient Jean-Fred Coste, président de la cave des Vignerons d'Héraclès à Codognan dans le Gard, premier producteur français de vins bio. Comme beaucoup de viticulteurs bio, les adhérents de la coopérative gardoise ont perdu une partie de leur récolte, suite aux attaques sévères de mildiou.
Olivier Azam, producteur-négociant au domaine du Petit Roubié à Pinet (34), peine à s'approvisionner pour alimenter la croissance de ses marchés.
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Négociant spécialisé en vins bio depuis 1983, Jacques Frelin confirme la tension sur ce marché : « C'est la guerre pour s'approvisionner. Nous allons manquer de volume en merlot et en syrah. On ne pourra pas fournir tous nos clients. Ce déséquilibre entre offre et demande a fait bondir les prix. Nous avons dû augmenter nos tarifs de 10 %, ce qui nous rend moins compétitifs par rapport à nos voisins espagnols, dont les prix sont à la baisse car ils ont eu une belle récolte », s'inquiète-t-il.
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