Série (2/2) – Période hautement cruciale pour les vignerons, les vendanges sont toujours scrutées à la loupe. A fortiori par temps de Covid-19, obligeant les caves à mettre en place des mesures sanitaires drastiques pour se prémunir du risque de contamination. Une épée de Damoclès au-dessus de leur tête…En temps normal, la période des vendanges est déjà une période stressante pour les vignerons et directeurs de cave, qui en trois semaines à un mois, mettent en jeu le travail de toute une année. Par temps de covid-19, la pression est encore plus forte.
«On a la hantise qu'un membre du personnel soit testé positif. Dans cette période de travail intense, ce serait une catastrophe», confie un directeur.
La menace est donc prise très au sérieux et des mesures drastiques ont été mises en place dans certaines caves pour se prémunir de la contamination. Coop de France Occitanie a même édité un guide des bonnes pratiques pour aider ses adhérents à assurer la sécurité des salariés et le maintien de l'activité.
Une surveillance étroite du personnel
A la cave de Faugères, les équipes veillent au respect de la distanciation sociale.
«Nos adhérents ne sont plus autorisés à rentrer dans la cave, ils déposent leurs prélèvements de raisins sur une table que nous avons installée à l'extérieur,témoigne Philippe Maury, le président de la cave coopérative de Faugères. C'est également là qu'ils récupèrent leur ticket d'apport après avoir apporté leur vendange. Nous limitons tous les contacts avec notre personnel, qui a l'obligation de porter le masque. Et l'équipe dirigeante assure une surveillance étroite du personnel, lui rappelant qu'il doit nous alerter au moindre symptôme.»
A la cave de Névian dans l'Aude, la directrice Sophie Pujol a chargé un de ses salariés de veiller à la bonne application des mesures sanitaires : « Dans le feu de l'action, on peut oublier toutes ces mesures. J'ai demandé à un de nos salariés de veiller à la bonne application de ces mesures et de vérifier au moins une fois par jour tous les points sensibles : la désinfection des poignées de porte, le remplissage des bidons de gel hydroalcoolique... Je ne peux pas faire le gendarme à longueur de journée ».
Prise de température quotidienne à Castelbarry
A la cave de l'Ormarine, le directeur Cyril Payon reste confiant : « Nous avons eu une grosse alerte fin juillet. Un de nos salariés nous a signalé que sa femme avait été testée positive. Nous l'avons immédiatement renvoyé chez lui et lui avons demandé de faire un test qui s'est révélé négatif. Cet incident a eu pour effet de sensibiliser tout le monde. Je n'ai aucun souci pour faire porter le masque à l'ensemble du personnel. Et pour protéger nos adhérents tout comme le personnel affecté aux apports, nous avons bricolé un dispositif avec un tuyau de gouttière pour remettre le ticket d'apport à chaque adhérent après chaque livraison de vendange. Les coopérateurs ne sont donc jamais en contact rapproché avec le personnel de cave ».