Après le gel sur le vignoble du Languedoc-Roussillon, le déficit de récolte va surtout toucher les vins blancs
Michèle Trévoux
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Suite au violent épisode de gel de début avril dernier, le chardonnay, cépage majoritaire en IGP Oc, serait le plus touché, avec 78% des coopératives qui annoncent un taux de perte de plus de 50%.
IGP Pays d'Oc
D’après les projections des professionnels pour la campagne 2021/2022, c’est le marché des vins blancs qui sera le plus affecté par le déficit de récolte lié au gel sur le vignoble en Languedoc-Roussillon au début du mois d'avril dernier. La situation pourrait également être tendue en rosé. En rouge, les stocks devraient permettre de faire la jointure entre les deux millésimes sans trop de difficulté. Analyse.
Après la sidération, la réflexion. Les représentants de la filière viticole régionale d'Occitanie se sont réunis le 11 mai dernier pour faire le point sur l'impact du gel dévastateur de début avril sur la prochaine récolte et réfléchir à la stratégie à adopter pour alimenter les marchés lors de la campagne 2021/2022.
D'après une enquête menée par les Vignerons Coopérateur d'Occitanie auprès de l'ensemble des coopératives viticoles de la région, les pertes estimées de récolte en Languedoc-Roussillon serait de 47%, ce qui représente un volume de 5,4 millions d'hectolitres (Mhl). Si ces prévisions se confirment, la récolte régionale serait ramenée de 12,2 Mhl (récolte moyenne sur les cinq dernières années) à 6,8 Mhl.
Le chardonnay, cépage majoritaire en IGP Oc, serait le plus touché : 78% des coopératives annoncent un taux de perte de plus de 50%. En rouge, le merlot, premier cépage rouge en IGP Oc, serait légèrement moins touché, la majorité des caves (67%) annonçant des pertes entre 30 et 50%.
Campagne 2021-2022 : des besoins à 7 Mhl
Pour se projeter dans la campagne 2021/2022 au cours de laquelle l'impact du gel se fera sentir, les professionnels ont pris en compte trois données : les estimations des stocks au 1er août 2021, les sorties de chais jusqu'à la fin de la campagne, et le stock outil nécessaire en 2022 pour une transition saine entre les millésimes.
Ces chiffres font apparaître des besoins de production pour la campagne 2021-2022 de 7 Mhl. La difficulté sera de flécher les volumes et qualités de façon à répondre aux différents besoins du marché.
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En rouge, les niveaux de stock estimés en début de campagne devraient permettre de fournir les marchés, malgré l'impact du gel, même si des tensions sont à prévoir sur certains cépages en IGP Oc. La situation sera plus compliquée pour les rosés : les stocks devraient être faibles en fin de campagne et la demande reste dynamique. Le déficit de récolte prévu en 2021 pourrait conduire à une transition tendue entre les millésimes 2021 et 2022, sauf si une partie des volumes, habituellement vinifiés en rouge, sont orientés vers l'élaboration de rosés.