La nécessité de veiller à une meilleure gestion des ressources halieutiques en Méditerranée contraint les flottilles en activité : moins il y a de ressources disponibles et autorisées, moins il y a d'activité possible pour les pêcheurs. Ainsi, en ce début d'année 2023, sur les 57 chalutiers pêchant en Méditerranée française, 16 devraient être détruits dans le cadre du plan de sortie de flotte. Sur le port de Sète, c'est la moitié des 17 chalutiers du port qui partiront à la casse...
Le plan de gestion West Med, adopté en 2019 par la Commission européenne, s'inscrit au sein de l'initiative MedFish4ever visant à encourager une meilleure gestion des ressources halieutiques en Méditerranée et ainsi à restaurer les stocks. La France est concernée pour ses pêcheries chalutières exploitant le merlu et le rouget de vase. En décembre 2021, le Conseil des ministres de l'Union européenne portant sur les négociations des totaux admissibles de captures (TAC) et quotas pour l'année 2022, avait redéfini les quotas de pêche pour l'année 2022, actant une diminution progressive du nombre de jours de pêche des chalutiers à 173 jours, contre 183 en 2021.
« Avant le plan de gestion West Med, il n'existait pas de limitation de jours de pêche et on sortait entre 230 et 240 jours par an,rappelle Bertrand Wendling, directeur de l'organisation de producteurs Sa.Tho.An, la société coopérative maritime des pêcheurs de Sète. Puis avec ce plan de gestion, le nombre de jours de pêche autorisés par bateau est tombé d'année en année : 173 en 2022 et 164 en 2023. Et ce quota de pêche va continuer de baisser car le rouget et le merlu sont encore en situation de surexploitation... Or le seuil de rentabilité d'un bateau, qui était à 177 jours de pêche par an, est aujourd'hui à 190 jours en raison du prix du gasoil qui augmente. Aujourd'hui, on est donc bien en-dessous ! »