Mobilisation générale et blocage des ports de la Méditerranée française. C’est l’action décidée par les pêcheurs du littoral méditerranéen pour ce samedi 11 décembre, en réaction aux propositions faites par la commission européenne de réduire (encore) l’effort de pêche en Méditerranée. « Nous sommes au bout du bout », disent les pêcheurs, en colère. Explications à la veille du mouvement.Ce samedi 11 décembre, aucun bateau de pêche français ne naviguera sur les eaux de la Méditerranée. Ils seront tous immobilisés volontaires dans les ports pour dire le mécontentement, la colère et l'inquiétude des pêcheurs face aux décisions qui pourraient être prises les 12 et 13 décembre prochains lors du Conseil des ministres de l'Union européenne quant au plan de gestion West Med.
Ce plan de gestion régional, adopté en 2019 par la Commission européenne, s'inscrit au sein de l'initiative MedFish4ever visant à encourager une meilleure gestion des ressources halieutiques en Méditerranée et ainsi à restaurer les stocks. La France est concernée pour ses pêcheries chalutières exploitant le merlu et le rouget de vase.
La mobilisation générale du 11 décembre va se traduire par une opération de blocage des ports de la Méditerranée française. Elle a été décidée côté Occitanie par le Comité Régional des Pêches Maritimes et des Élevages Marins (CRPMEM) Occitanie, en réaction aux propositions faites par la commission européenne dans son document du 24 novembre 2021 de réduire les quotas de jours de pêche de 7,5% en 2022. Des quotas qui avaient déjà été réduits de 10% en 2020 et de 7,5% en 2021, faisant descendre le nombre de jours de pêche par navire et par an à 201 puis à 183 jours. Une nouvelle baisse abaisserait ce chiffre à 167 jours de pêche par navire et par an.
« 167 jours de pêche, ce n'est pas tenable ! »
«La profession a bien compris qu'il fallait un plan de gestion pour une pêche durable et responsable. Mais le seuil de rentabilité d'un chalutier était de 177 jours de pêche par an, et aujourd'hui, compte tenu du prix du gazoil, on est à 209 jours,explique Bernard Perez, président du CRPMEM Occitanie. La proposition de la commission descend à 167 jours de pêche, ce n'est pas tenable ! »
Sur le port de Sète, Bertrand Wendling, le directeur de la Société coopérative maritime des pêcheurs de Sète (organisation de producteurs Sa.Tho.An), renchérit : « Le but est d'atteindre le rendement maximum durable sur ces deux espèces du merlu et du rouget, mais nous, on pêche plus de 250 espèces, donc ces deux-là représentent moins de 10% de nos captures ! C'est un premier gros souci soulevé depuis longtemps et nous demandons que des efforts soient faits pour renforcer les évaluations sur un plus grand nombre d'espèces... Par ailleurs, il y a une autre mesure qui pose problème : la fermeture temporaire de deux zones de pêche dans le golfe du Lion, ce qui représente 6.000 km2 de fermeture sur les 12.000 pendant six à huit mois par an ! C'est énorme, d'autant que ce n'est que 150 km2 pour les pêcheurs espagnols et italiens ».