Viticulture : pourquoi les deux coopératives de Causses et Cévennes fusionnent
Michèle Trévoux
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Romain Rigon est le président de la nouvelle entité Piémont Causses et Cévennes, fruit de la fusion entre les coopératives de Saint-Maurice (Gard) et de CastelBarry (Hérault).
DR
Alors que le salon Wine Paris s’ouvre dans un contexte de crise sévère pour la viticulture, deux coopératives viticoles (héraultaise et gardoise) situées entre Causses et Cévennes fusionnent pour mutualiser leurs moyens et mieux valoriser leur production.
C'est une fusion peu banale. Les caves coopératives de Saint-Maurice et de CastelBarry ont scellé leur rapprochement lors de leurs assemblées générales extraordinaires respectives, les 23 et le 24 janvier derniers. La nouvelle entité a été baptisée Piémont Causses et Cévennes.
L'une gardoise (à Saint-Maurice-de-Cazevieille), l'autre héraultaise (à Montpeyroux), les deux caves sont distantes d'une centaine de kilomètres, ce qui, a priori, ne les prédestinait pas à la fusion. Mais elles se sont trouvé des points communs et une complémentarité sur lesquels asseoir leur union.
Toutes deux adossées ou insérées aux espaces classés patrimoine mondial de l'Unesco Causses et Cévennes, elles sont engagées depuis dix ans dans une démarche de développement durable et responsable (RSE ISO 26000-Vignerons Engagés).
La complémentarité de leurs gammes de vins est l'autre atout fondateur de ce rapprochement : la coopérative CastelBarry produit essentiellement des AOP, quand la coopérative de Saint-Maurice est plus orientée vers les IGP et le bio. Cette synergie leur permet désormais de proposer une large palette de vins du Haut Languedoc aux Cévennes : IGP Cévennes, IGP Saint-Guilhem-le-Désert, IGP d'Oc, AOP Languedoc, AOP Terrasses du Larzac et AOP Montpeyroux.
Aujourd'hui, la coopérative CastelBarry écoule la moitié de sa production en conditionné (800.000 cols), et celle de Saint-Maurice, qui s'est engagée plus récemment dans cette voie, ne met en bouteille que 5% de sa production (650.000 cols), le reste étant vendu en vrac. En mutualisant leurs forces commerciales et leurs réseaux de distribution, les deux caves ont l'objectif est d'accroître les ventes en bouteille pour atteindre très rapidement 1,5 million de cols par an.
Newsletter
Ma Tribune
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.