Pour éviter une concurrence déloyale pour les viticulteurs de la région, les contrôles s’intensifient dans les rayons vin des moyennes et grandes surfaces de l’Hérault. Après un rappel des règles, le préfet entend durcir les contrôles.Le préfet de l'Hérault, François-Xavier Lauch, n'a pas tardé à mettre en application les consignes gouvernementales annoncées dans le cadre à la crise agricole. En réponse à la demande des viticulteurs, qui réclamaient plus de surveillance des rayons vin des grandes surfaces, les services de l'Etat ont procédé à des contrôles renforcés depuis le début de l'année.
«Ce contrôle n'est pas nouveau,estime François-Xavier Lauch, le 22 février devant la presse. En 2023, dans le cadre de la lutte contre la francisation des vins par exemple, 140 opérateurs ont été contrôlés en Occitanie et 10 procès-verbaux ont été dressés. Mais depuis le début de l'année, cette surveillance a été renforcée dans l'Hérault. Nous avons réalisé en trois semaines ce que nous faisions en quatre mois les années précédentes. Il en ressort qu'un tiers de nos contrôles révèle des pratiques qui ne respectent pas la réglementation, ce qui fait beaucoup. Ces pratiques commerciales trompeuses sont inadmissibles pour les viticulteurs qui souffrent. Certains sont obligés de vendre leur production 1/3 en-dessous de leur prix de revient et sont pénalisés par ces pratiques illégales. »
16 PV et 8 rappels réglementaires
Si la francisation des vins est « plutôt rare » selon le préfet, les pratiques commerciales trompeuses sont en revanche fréquentes et revêtent différentes formes : le positionnement de vins étrangers au milieu d'un rayon de vins français, ou des étiquettes qui laissent entendre l'origine française d'un vin alors qu'il s'agit d'un vin étranger. Dans la restauration, le défaut de nomination légale du vin est l'anomalie la plus constatée, notamment pour les vins en pichet dont l'origine est souvent omise. Sur les 45 établissements contrôlés depuis le début de l'année 2024 par les services de l'Etat dans l'Hérault, seize procès-verbaux ont été dressés pour pratiques commerciales trompeuses sur l'origine et huit rappels réglementaires ont été faits pour des pratiques prêtant à confusion ou étiquetage non conforme.