« On y croit encore, mais c'est long ! ». Responsable du Département Marchés Viticoles, experte de la zone Asie à l'agence Ad'Occ, Catherine Machabert résume bien le sentiment général de la vingtaine d'entreprises qui, fin mars, ont participé, sous l'égide de la Région Occitanie, au salon Tang Jiu Hui à Chengdu et aux événements off qui l'encadrent. Rendez-vous incontournable du monde du vin, ce salon historique, qui date de 1955, accueille 300 à 400.000 visiteurs.
Jérôme Joseph, P-dg co-fondateur de la maison de négoce Calmel et Joseph, à Montirat dans l'Aude, a fait de déplacement : « Je n'étais pas revenu en Chine depuis la crise du Covid, mais durant ces quatre années de fermeture du marché, nous avons maintenu notre bureau à Shanghai. J'ai constaté que le marché avait bien changé. Ce n'est plus du tout l'euphorie comme dans le début des années 2000 où de grosses entreprises aux multi-activités, se sont positionnées sur le marché du vin sans réel professionnalisme. Je me souviens qu'un de mes importateurs de l'époque n'a même pas souhaité déguster les vins qu'il m'a achetés. L'effet positif du Covid, c'est qu'il a assaini le marché. Les acteurs du vin en Chine sont désormais beaucoup plus professionnels. On va pouvoir reconstruire une activité sur des bases plus solides. Pour le moment, les acheteurs se montrent prudents, mais je reste optimiste. La Chine, c'est 1,4 milliard d'habitants, si seulement 10% consomment du vin, cela représente déjà 30% du marché européen ».