Un incendie a détruit 350 hectares dans le massif de La Gardiole le 18 août dernier, dont 20 hectares de vigne en appellation Muscat de Frontignan. Le préjudice est limité pour la cave coopérative de Frontignan mais c’est un coup dur pour les viticulteurs sinistrés. État des lieux.«Ça fait mal au cœur. La veille des vendanges, laisser sa récolte sur pied, alors qu'elle est plutôt belle, c'est un crève-cœur !»
William Juan, président de la cave coopérative de Frontignan, fait partie des viticulteurs dont les vignes ont été sinistrées par l'incendie survenu dans le massif de la Gardiole le 18 août en fin d'après-midi. Son vignoble a été aspergé sur deux hectares de retardant, un produit utilisé pour freiner la propagation du feu, qui rend les raisin impropres à la vinification.
Ce feu, dont l'origine reste à déterminer, a dévasté 350 hectares de forêt domaniale sur ce massif qui longe la Méditerranée entre Montpellier et Sète. D'impressionnants moyens de lutte ont été déployés pour le circonscrire au plus vite. Au total, ont été engagés 600 sapeurs-pompiers au sol, cinq canadairs et trois Dash, qui ont procédé à plus de 150 largages, grâce auxquels le feu, à ce stade le plus important de la saison dans l'Hérault, avait pu être fixé dans la soirée, sans faire aucun blessé.
Des tas de cendres à la place des souches
François-Xavier Lauch, préfet de l'Hérault, s'est déplacé le 23 août pour rencontrer les viticulteurs et faire un premier état des lieux, aux côtés de Jérôme Despey, président de la Chambre d'agriculture de l'Hérault, et des services de l'Etat concernés. D'après les premières estimations, 17 viticulteurs, adhérents de la cave coopérative de Frontignan, sont impactés.
«Une vingtaine d'hectares de vigne ont été touchés, soit directement par les flammes, auquel cas il ne reste que des tas de cendres à la place des souches, soit par le retardant qui rend les raisins impropres à la vendanges,explique William Juan. Certaines parcelles, non touchées par les flammes mais à proximité du brasier, ont été échaudées et les feuilles ont roussi. Dans ces deux derniers cas, seule la récolte de l'année est fichue. Pour les vignes brûlées, c'est la totalité de la parcelle qui est détruite et qu'il faudra replanter. »