... r les modèles économiques en place.
La guerre de l'eau a indéniablement commencé. Alors que la sécheresse sévit sur la région Occitanie, deux camps s'affrontent dans l'Hérault autour de projets d'extension de l'irrigation agricole porté par le Conseil départemental, à l'aide de ce qu'il nomme des « retenues hivernales ». L'objectif : récupérer et stocker l'eau du Rhône l'hiver pour irriguer les vignes en souffrance l'été. L'Hérault compte quelque 78.000 hectares de vigne pour une production annuelle moyenne de 4,7 millions d'hectolitres de vin, se positionnant ainsi à la première place nationale en termes de production vitivinicole et à la deuxième place après la Gironde en superficie.
Sans surprise, plusieurs associations s'opposent au projet. S'il ne s'agit pas là de méga-bassines comme celle qui a défrayé la chronique à Sainte-Soline en mars dernier, les opposants qualifient bien les retenues hivernales de « bassines ». A ce sujet, France Nature Environnement (FNE) se fend d'un rappel sémantique : « Une bassine est un stockage d'eau déconnecté du réseau hydrographique, entouré de digues, alimenté soit par de l'eau souterraine, soit par de l'eau superficielle comme c'est le cas pour les projets du département de l'Hérault. A ne pas confondre avec une retenue collinaire, également hors cours d'eau mais alimentée par le ruissellement pluvial ».
Dans le cas des projets héraultais, on parle d'un projet de trois retenues hivernales dans un premier temps (quatre autres plus tard) sur les communes de Florensac, Coulobres et Magalas, et qui s'inscrivent dans le Schéma Départemental de Développement de l'Irrigation (SDDI) 2018-2030 "Hérault Irrigation".
«On ne peut pas parler de "bassines",martèle Yvon Pellet, vice-président délégué à l'économie agricole et à l'aménagement rural au Département de l'Hérault. Et nous sommes très clairs : il est hors de question de pomper dans la nappe phréatique ou de dévier un cours d'eau ! Dans l'Hérault, nous avons le programme Aqua Domitia porté par BRL depuis 50 ans, mais qui ne peut pas aller partout. Le projet, c'est de créer des retenues à proximité des branchements BRL et l'hiver, pendant que ces tuyaux ne fonctionnent pas, les utiliser pour remplir les trois retenues, soit 4,5 millions de m3 d'eau, pour les redistribuer en été en complément du réseau hydraulique BRL. »