Manifestation à Toulouse : colère et lassitude chez les commerçants

Gael Cérez

Gael Cérez
Plusieurs jours après les dégâts provoqués dans le quartier Saint-Étienne en marge de la manifestation nationale de soutien aux ZAD, commerçants et riverains sont en émoi. Dans les boutiques, on ne parle que de ça. "On a eu des gens qui n'ont pas pu aller à la messe de 19 h du samedi. C'est incroyable !", s'emporte une dame. "Ils cassent pour piller les vitrines", affirme un homme aux tempes grisonnantes. "Non, rétorque un autre, C'est de la dégradation anti-capitaliste."
À l'image de son quartier, Laurent Lopez, gérant de la boutique l'Observatoire, rue des Arts, est encore sous le choc.
Le gérant de la boutique décrit les casseurs s'en prenant aux magasins et aux véhicules en stationnement dans la rue. "Tout s'est passé très rapidement. Ils s'en sont pris à un côté de la rue, puis à l'autre, avant que les policiers ne réussissent à les appréhender. Les forces de l'ordre ont bloqué la rue Croix-Baragnon alors la rue des Arts a servi d'échappatoire aux casseurs. C'est un concours de circonstance."
La police a interpellé 15 personnes dont deux casseurs vus en train de s'attaquer aux vitrines. Au total, 23 commerces du centre-ville de Toulouse ont ainsi été touchés.
En réponse aux incidents, la Préfecture a organisé une réunion lundi 23 février. "Le préfet nous a expliqué qu'il était pieds et poings liés, rapporte le représentant des commerçants de Saint-Étienne à la Chambre de commerce et d'industrie de Toulouse. S'il n'avait pas autorisé la manifestation, elle aurait eu lieu malgré tout, mais il n'en aurait pas connu le parcours." Lundi, Pascal Mailhos avait expliqué avoir "décidé de ne pas interdire cette manifestation car la dernière, organisée le 29 novembre dernier sans autorisation, s'était déroulée sans heurts".
"On en a marre de subir la pression fiscale et ces manifestations du samedi, soupire le commerçant. Je pensais qu'en étant près de la Préfecture, nous serions protégés. C'est son rôle de protéger les biens et les personnes. Là, les forces de l'ordre ont été débordées."
Avec ces manifestations à répétition, Laurent Lopez craint les réactions à venir. "Si on continue à pousser les gens à bout, il va se passer quelque chose, prévient-t-il. Certains veulent mettre en place des "White Angels" contre les "Black Blocks". Ce n'est pas ce que je souhaite. Il faut du dialogue."
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Un dialogue au point mort entre commerçants et organisateurs des manifestations. "Pour l'instant, nous calmons notre colère et notre rancœur, explique Laurent Lopez. Mais, ni le NPA ni Attac ne sont venus vers nous. Ils disent déplorer les incidents mais ils en sont responsables, voire complice, du fait de leur mauvaise organisation."
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Dans le cas où une nouvelle manifestation devait avoir lieu, la Préfecture, la CCI et les commerçants devraient se réunir pour trouver des solutions. Les revendications des commerçants restent inchangées. Ceux-ci souhaiteraient voir les manifestations défiler en dehors du centre-ville de Toulouse. Une proposition qui semble bien loin des traditions toulousaines en la matière.
Gael Cérez