Énergies renouvelables : "très peu de projets aboutissent en Occitanie" alerte le cluster Cémater

Florine Galéron
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La Région Occitanie s'est fixé comme objectif de devenir un territoire à énergie positive d'ici 2050 en augmentant de 250% la production d'énergies renouvelables et en réduisant de 33% les consommations énergétiques. Cela vous semble-t-il réaliste ?
Pour la première fois, il existe une véritable volonté politique là où précédemment, les élus n'avaient aucune ambition sur le sujet. C'est très positif. Néanmoins, compte-tenu de l'ensemble des contraintes que l'on subit, le rythme actuel de développement des projets ne permettra pas d'avoir une région à énergie positive à l'horizon 2050. Sur une année, une centaine de mégawatts d'éolien ont été installés à l'échelle de la Région : c'est infime. Notre problème est qu'il existe un véritable décalage entre la volonté politique nationale, régionale et locale et les services de l'État qui restent enfermés dans leurs dogmes.
Concrètement, selon vous, quels sont les freins rencontrés aujourd'hui par les projets d'énergies renouvelables ?
Les services de l'État font du zèle. Je vais vous donner deux exemples. Dans l'Aude, nous avons développé un projet de centrale solaire au sol sur un site qui est actuellement une décharge. Il nous a fallu deux ans et demi pour avoir le permis de construire, alors que cela prend normalement maximum 1 an. Nous avons dû faire intervenir un élu pour obtenir le permis alors qu'il n'y avait aucun enjeu environnemental sur le site.
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Autre illustration, la Dréal (direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement) nous impose de faire des études d'impact (qui évaluent les enjeux en termes de faune et de flore) pour des projets photovoltaïques sur des parkings. Plus précisément, nous devons faire une demande à la Dréal pour savoir s'il faut faire cette étude mais comme elle ne répond pas dans le délai d'un mois réglementaire, nous sommes fonalement obligés de réaliser cette étude d'impact. Cela rajoute 6 mois de délai pour rien. On galère parfois depuis 8 ans sur certains projets solaires. Concernant l'éolien, c'est encore plus compliqué. Très peu de projets aboutissent. Si 10% des projets présentés voient finalement le jour, c'est bien le maximum.
Florine Galéron