Aéroport de Toulouse : le successeur de Casil Europe connu fin mai

Florine Galéron

mike poon
Rémi Benoit

Florine Galéron

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Rémi Benoit
Près de quatre ans après son arrivée dans le capital de l'aéroport Toulouse-Blagnac, la société d'actionnaires chinois s'apprête à revendre ses 49,99% de parts dans l'aéroport de Toulouse (rachetées à l'État en avril 2015). Officiellement, Casil Europe parle toujours de rumeur. Pourtant, en coulisses, le processus est bien enclenché.
La banque parisienne Lazard a été mandatée pour gérer ce dossier. Pour le moment, les candidats à la reprise fournissent des propositions d'intention en indiquant le montant souhaité pour le rachat des parts. Selon nos informations, près de 20 candidats ont déjà manifesté leur intérêt et début février les principaux repreneurs se seront positionnés.
Dans cette affaire, Casil Europe devrait réaliser une importante plus-value. Pour rappel, la société d'actionnaires chinois a racheté à l'État 49,99% de parts dans l'aéroport pour un montant de 308 millions d'euros. L'appel d'offres avait été lancé en juillet 2014 et la cession officialisée le 17 avril 2015 dans le Journal officiel. Mardi 22 janvier, La Dépêche du Midi indiquait que Casil Europe espérait vendre ses parts à 500 millions d'euros, ce qui lui permettrait ainsi de réaliser une plus-value de 200 millions. D'après nos informations, plusieurs offres pourraient aller au-delà de ce montant.
En effet, depuis la privatisation partielle de l'aéroport de Toulouse, l'État a cédé des parts dans deux autres aéroports français. En novembre 2016, un consortium constitué de Vinci Airports, la Caisse des dépôts et Predica a acquis les 60% de l'État au capital de la société Aéroports de Lyon pour un montant de 535 millions d'euros. Le même jour, le consortium Azzura, composé du groupe italien Atlantia, d'Aeroporti di Roma et d'EDF Invest a acquis les 60% de l'État dans l'aéroport de Nice pour un montant de 1,2 milliard d'euros.
Enfin, en décembre dernier, les actionnaires de l'aéroport de Toulouse ont adopté une nouvelle doctrine concernant les dividendes. Jusqu'en 2023, les actionnaires auront la possibilité de toucher jusqu'à 100% du résultat net annuel de l'aéroport (qui a atteint 14 millions d'euros en 2017) sous forme de dividendes. De quoi là encore aiguiser l'appétit des repreneurs.
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Plusieurs grands groupes français ont déjà montré leur intérêt pour l'aéroport de Toulouse. C'est le cas notamment de Vinci et son rival du BTP, Eiffage. L'an dernier, le groupe BPCE (Banque Populaire - Caisse d'Épargne) n'avait pas masqué ses intentions sur le sujet en jouant la carte locale : "Si nous arrivons, nous ne viendrons pas en tant que financier pour faire un coup sur cinq à huit ans mais pour s'inscrire dans la durée. Dans notre plan, nous voulons favoriser l'emploi local avec les entreprises locales tout d'abord, faire de l'innovation et réaliser le transport du futur", expliquait alors Alain Condaminas, le directeur général de la Banque Populaire Occitane. Par ailleurs, les fonds d'investissements Ardian et Macquarie restent dans les startings-blocks. D'après nos informations, des groupes étrangers se sont aussi manifestés mais leurs identités restent inconnues pour le moment.
À Toulouse, les acteurs économiques espèrent un acteur européen pour ne pas reproduire les incompréhensions linguistiques et culturelles rencontrées avec les deux actionnaires de Casil Europe.
De son côté, le président du Ceser Occitanie, Jean-Louis Chauzy, estime qu'il faut confier la gestion de l'aéroport à "un opérateur français qui a le savoir-faire, un pool bancaire régional et un pacte avec les grandes collectivités et les acteurs économiques".
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La dernière inconnue est de savoir si avec le départ de Casil Europe, l'État va conserver ses 10,01% de parts restantes dans l'aéroport. En février dernier, le gouvernement avait indiqué que la vente n'était pas prévue "pour le moment". Mais l'État a encore la possibilité de le faire jusqu'au 18 avril prochain sous forme d'une option de vente à Casil Europe et par la suite à n'importe quel autre repreneur. C'est la raison pour laquelle les actionnaires locaux ont écrit au Premier ministre la semaine dernière pour réaffirmer "l'absolue nécessité pour l'avenir de la plate-forme que l'État n'accompagne pas cette cession de la vente de ses propres parts".
Florine Galéron