Aéroport de Toulouse : l'actionnaire chinois Casil Europe obtient gain de cause sur les dividendes

Florine Galéron

aeroport toulouse
Rémi Benoit

Florine Galéron

aeroport toulouse
Rémi Benoit
C'était une annonce très attendue après trois ans de débats houleux autour de la question des dividendes versés aux actionnaires. Le président du conseil de surveillance de l'aéroport Toulouse-Blagnac, Charles Champion, a confirmé mardi 22 janvier la signature récente d'un accord entre les actionnaires locaux et le Chinois Casil Europe sur cette question.
Autrement dit jusqu'en 2023, les actionnaires pourraient toucher jusqu'à 100% du résultat net annuel de l'aéroport (qui a atteint 14 millions d'euros en 2017).
Pour rappel en 2015, la société d'actionnaires chinois Casil Europe a racheté 49,99% des parts de l'aéroport pour 308 millions d'euros à l'État. De l'autre côté, la Région, le Département, Toulouse Métropole et la CCI de Toulouse détiennent 40% des parts, sans oublier l'État et ses 10,01% restants. Alors, depuis son arrivée dans le capital, l'actionnaire chinois réclame "un retour sur investissement raisonnable", sous forme de dividendes.
Dès 2016, il demande 40 millions d'euros pour l'ensemble des actionnaires. Mais il obtiendra "seulement" 17,5 millions d'euros en puisant dans les réserves financières de l'aéroport, malgré un vote d'opposition des collectivités locales. L'année suivante, les actionnaires français votent à nouveau contre le versement de 7,85 millions d'euros aux actionnaires (dont 1,5 million d'euros puisé dans les réserves). En mai 2018, rebelote. Les collectivités locales et la CCI votent contre le versement de l'intégralité du résultat net de l'aéroport, soit 14 millions d'euros de dividendes (aucune ponction cette fois dans les réserves).
"100% des bénéfices reversés, c'est trop", déplorait alors Pascal Boureau représentant du Département au conseil de surveillance de l'aéroport. Le même aujourd'hui n'est plus choqué par l'accord qui autorise le versement de l'intégralité du résultat net de l'aéroport, et ce sur les cinq prochaines années.
Même commentaire du côté de Bernard Keller, vice-président de Toulouse Métropole, également membre du conseil de surveillance. "L'accord veut dire qu'on ne puise pas dans les réserves financières et qu'on préserve la capacité d'autofinancement", souligne-t-il. De son côté, Pascal Boureau relève aussi que le texte prévoit "que seuls les salariés siègent au directoire, alors que jusqu'ici des membres de Casil Europe en faisaient partie".
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Pour autant, l'accord passe très mal dans l'opposition municipale. Marc Péré, membre du groupe d'opposition Métropole citoyenne, lance :
À lire également
Pour sa part, le président de la CCI Occitanie, Alain Di Crescenzo, s'est félicité d'un tel accord soulignant que les dividendes représentent "une ressource financière non négligeable pour la CCI". Le gouvernement a en effet décidé de coupes drastiques dans les budgets des chambres de commerce.
Florine Galéron
Budget 2025 : Carole Delga boycotte la COP Occitanie après « un recul majeur »
Autoroute A69 : la justice rouvre l'instruction sur l'utilité du projet
Budget 2025 : Toulouse fait des arbitrages sous tension
« Notre action municipale se veut ouverte et pluraliste » (Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse)