Aéronautique : pourquoi la consolidation de la supply chain attendra 2021
Florine Galéron
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Raphaël Petit, cofondateur du bureau toulousain de Oaklins, entrevoit une reprise des consolidations dans la supply chain dans la seconde moitié de 2021.
Entamée depuis quelques années face à la montée des cadences, la consolidation de la supply chain aéronautique est plus que jamais nécessaire pour surmonter la crise actuelle. Le scénario d'un rebond rapide de l'économie ayant été écarté, la reprise est attendue désormais plutôt pour mi-2021. De quoi décaler les transactions qui concernent de près plusieurs PME et ETI du Sud-Ouest, à l'image de Figeac Aéro. L'éclairage de Raphaël Petit, cofondateur du bureau toulousain de la banque de conseil en fusions-acquisitions Oaklins.
LA TRIBUNE -Votre banque d'affaires a négocié plusieurs acquisitions récentes de PME aéronautiques de la région toulousaine par des sociétés étrangères à l'image de Gillis Aerospace (fabricant de fixations et vis aéronautiques) ou Mapaero (traitement de surface). Entrevoyez-vous une reprise imminente des transactions ?
RAPHAEL PETIT - Nous sommes passés en une semaine du firmament au purgatoire. Avant la crise, nous avions dix ans de croissance devant nous et des besoins d'investissements pour faire face à la hausse des cadences. Notre dernier deal avant le confinement, c'était le 4 mars avec Gillis Aerospace. Du jour au lendemain, le trafic aérien s'est arrêté et les chiffres d'affaires dans toute la filière sont toujours impactés de 30 à 50%.
Financièrement, les entreprises ont eu un effet ciseaux assez redoutable. Elles ont souscrit à des PGE en augmentant leur dette mais leur EBITDA (bénéfice avant impôts, ndlr) a dégringolé parce que la baisse de chiffre d'affaires est significative. Le marché des transactions et des opérations est grippé. Personne n'a envie de vendre sa boîte quand elle vaut un euro. Les dirigeants cherchent plutôt à faire de bonnes affaires en misant sur des acquisitions intelligentes d'un point de vue industriel qu'ils ne paieraient pas cher puisque les entreprises ne valent rien en ce moment. Quand tous les chefs d'entreprise ont cette stratégie, il y a assez peu de transactions.
Les opérations sont gelées depuis le mois de mars sauf dans deux cas. Le premier survient quand il faut un rachat ou sinon c'est la mort de la société. Quelques opérations ont eu lieu à l'image de l'entreprise nantaise ACB, passée à la barre et reprise par ACE management. Le deuxième cas de figure concerne le segment militaire, le seul segment qui résiste. Citons par exemple Sabena technics qui vient de faire des acquisitions dans la maintenance militaire.