Les mythiques BelugaST, utilisés depuis les années 90 pour transporter des tronçons d'avions entre les différents sites de fabrication d'Airbus, vont connaître une deuxième vie. Le constructeur européen veut les réutiliser pour lancer un nouveau service de fret aérien. Le week-end dernier, un premier Beluga a servi à transporter un satellite d'Airbus vers son pas de tir. L'industriel espère s'imposer comme une alternative aux Antonov dont la disponibilité est réduite depuis la guerre en Ukraine. « Avec la crise en Ukraine, les Antonov sont devenus indisponibles pendant au moins cinq mois et même encore aujourd'hui la flotte est réduite. Nous avons réalisé qu'il s'agissait d'une faiblesse dans notre supply chain et que nous avions absolument besoin d'une solution de transport fiable pour nos satellites. En utilisant le Beluga, Airbus dispose désormais d'un mode transport souverain, sans avoir besoin de dépendre de quiconque pour amener les satellites jusqu'au pas de tir », se réjouit Jean-Marc Nasr, responsable des systèmes spatiaux chez Airbus.
Le week-end dernier, c'est à bord donc d'un BelugaST que le satellite Hotbird, construit par Airbus pour Eutelsat a rejoint son site de lancement au Centre spatial Kennedy de Cap Canaveral en Floride.
Un nouveau service de fret aérien
Depuis son entrée en service en 1995, le BelugaST s'est imposé comme un appareil iconique de la flotte Airbus pour le transit des tronçons complets d'avions entre les différents sites de fabrication du constructeur européen. Dans les années 2000, il avait déjà servi à faire voler des satellites ou des modules spatiaux depuis l'Europe vers Cap Canaveral. Une activité mise en sommeil depuis 2012 pour se concentrer exclusivement sur le transport de tronçons d'avions.
En 2020, le constructeur aéronautique a commencé à faire voler son successeur, le BelugaXL, qui va remplacer à terme la flotte des cinq appareils BelugaST. Plutôt que de laisser au garage ces aéronefs, Airbus a annoncé en janvier dernier son intention de réutiliser ses BelugaST pour lancer un nouveau service de fret aérien.
«Les BelugaST ne sont arrivés qu'à la moitié de leur vie. Ils avaient été conçus pour 30.000 cycles de vol et n'ont atteint en moyenne que 15.000 vols. Nous avons donc là une énorme opportunité pour développer à nouveau un service de fret hors gabarit», estimait alors Philippe Sabo, responsable d'ATI, la filiale d'Airbus chargée du transport par Beluga entre les différents sites.