PHILIPPE CRÉBASSSA - Effectivement, d'après nos calculs, nous serons concernés par la taxe sur les transports longue distance dès 2024 (
cette taxe de 4,6% doit s'appliquer au-delà de 120 millions de revenus d'exploitation, un seuil que ne franchira pas l'aéroport cette année, ndlr). Pour nous, c
'est injuste, incohérent. Nous sommes face à une incompréhension des pouvoirs publics qui continuent de penser que le transport aérien n'est pas vertueux.
C'est une hérésie d'autant que le transport aérien soutient déjà le développement des infrastructures ferroviaires directement par la taxe spéciale sur les billets d'avion. Ici, c'est une nouvelle taxe imposée aux aéroports qui doit servir à contribuer au développement des infrastructures de transport durable. Mais les aéroports sont aussi des infrastructures de transport durable. Le transport aérien est de loin le premier secteur industriel au monde à s'être engagé sur la voie de la décarbonation et nous avons tous un plan très clair pour atteindre le zéro net en carbone le plus tôt possible.
À l'aéroport Toulouse-Blagnac, notre plan sobriété énergétique cet hiver a permis d'économiser près de 30 % de notre consommation en chauffage par rapport à l'hiver 2019 et cet été nous avons encore économisé 15 % d'électricité par rapport en quatre ans. Depuis l'automne 2021, nous avons une chaufferie biomasse qui comble les trois quarts des besoins de notre aérogare. À l'été 2025, la centrale photovoltaïque installée sur l'un de nos parkings va produire 25 % de nos besoins en électricité. Nous avons également été retenus cet été par la
Commission de régulation de l'énergie pour revendre notre électricité sur une durée de 21 ans à un tarif sécurisé via l
a deuxième centrale qui sera installée sur un deuxième parking. Tous ces projets nécessitent de lourds investissements. Avec cette taxe, on nous enlève les moyens de les accomplir pour des transports supposés plus vertueux. S'il devait y avoir une taxe, cette dernière devrait servir uniquement au financement d'investissements durables et en particulier sur les aéroports.