Spatial : Aldoria lève 10 millions d'euros pour accélérer la surveillance de l'espace

Florine Galéron
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Share My Space devient Aldoria et lève 10 millions d'euros.
NASA

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Share My Space devient Aldoria et lève 10 millions d'euros.
NASA
Les chiffres ont de quoi donner le tournis. Trente-six mille débris de plus de dix centimètres encombrent actuellement l'espace d'après l'Agence spatiale européenne. Tous les débris spatiaux représentent une masse de 9.300 tonnes, l'équivalent du poids de la Tour Eiffel. Cette prolifération fait poindre le risque de collision dans l'espace alors que le nombre de satellites actifs en orbite basse devrait atteindre 40.000 en 2030, contre près de 9.000 aujourd'hui. Face à ces enjeux colossaux, le segment de la surveillance de l'espace est en pleine effervescence en France.
Après la levée de fonds de 14 millions de Look Up Space en juin dernier (dont 7 millions en financements privés, le reste en subventions publiques) pour développer un démonstrateur radar de surveillance de l'espace, la société toulousaine Share My Space dévoile ce mardi 23 janvier un tour de table en série A de 10 millions d'euros portant le montant total des investissements dans l'entreprise à 22 millions d'euros à ce jour. Le consortium de l'opération comprend Starquest Capital, le Fonds du Conseil Européen de l'Innovation, le fonds Deep Tech 2030 géré pour le compte de l'Etat par Bpifrance dans le cadre de France 2030, Expansion Ventures, Space Founders France, et Wind Capital.
La startup fondée en 2017 en profite pour changer de nom et devient Aldoria.
« Share my Space avait fait son temps. La consonance anglaise du nom de la société nous avait été reprochés par nos partenaires et clients et même aux Etats-Unis, c'était plus un frein qu'un moteur pour notre développement. Aldoria est un nom plus standard évoquant la nébuleuse des Pléiades et qui signifie 'or du ciel', ce qui augure de bonnes choses pour la protection des objets en orbite », explique Romain Lucken, le PDG de la société.À lire également
Avec ces nouveaux moyens financiers, Aldoria entend doubler son réseau qui compte déjà six stations de surveillance optique réparties sur quatre continents pour atteindre 12 stations d'ici fin 2025. La startup entend aussi étoffer son système d'information orbital qui cartographie en temps réel les objets en orbite. Preuve de l'importance de la menace, son outil, qui a généré en 230.000 mesures sur 5.000 objets au cours de l'année 2023, a anticipé 30 millions de rapprochements entre objets spatiaux et alerté en cas de besoin les opérateurs de satellites.
Florine Galéron