Actia voit le bout de la crise des composants. Ce fabricant toulousain d'équipements électroniques pour l'automobile, le spatial et les télécoms a été durement touché pendant trois ans par la pénurie mondiale de semi-conducteurs qui lui a fait perdre 20% de son chiffre d'affaires, soit 100 millions d'euros sur l'année 2022, et évité de justesse la fermeture quelques jours de la semaine de son usine implantée dans la Ville rose.
«Au plus fort de la crise, nous avions des manques sur des centaines de composants. Dès le début de l'année 2023, les tensions ont diminué et se sont concentrées sur quelques dizaines de composants qui pouvaient toutefois mettre à mal les livraisons.Depuis l'automne dernier, la demande des clients a fortement diminué dans la mobilité (Actia produit notamment des calculateurs pour les engins de chantier ou agricoles, ndlr) sous l'effet des difficultés rencontrées dans les secteurs de la construction et de l'agriculture. Les équipementiers automobiles ont également annoncé des plans de licenciements assez importants. La pression sur la production a donc diminué et a marqué en fin d'année dernière le retour à la normale en matière de composants», observe Jean-Louis Pech,président d'Actia.
L'ETI a dû mener de front depuis 2020 ces tensions d'approvisionnement avec les répercussions économiques du Covid. Mais au terme de ce cap difficile, Actia a retrouvé son niveau d'activité d'avant crise avec un chiffre d'affaires de 580 millions d'euros en 2023 (contre 520 en 2019). Le groupe a tout de même décalé de deux ans à l'horizon 2027 son ambition d'atteindre les 800 millions d'euros de chiffre d'affaires.
Pour autant, prévient Jean-Louis Pech, « les pénuries de composants peuvent resurgir un jour à cause d'une situation géopolitique à Taïwan, qui est un acteur de premier plan dans ce domaine, ou d'un événement climatique. Taïwan vient de connaître un tremblement de terre et à chaque fois dans ce type d'événement des craintes émergent sur les répercussions sur les composants ». Pour être plus résilient face à ce type de crises, Actia a accentué sa diversification notamment dans le ferroviaire (passé de 4% à 10% du CA), l'énergie (de 2,5 à 4,5%) et la fourniture d'équipements pour les engins spéciaux (de 7 à 16%), les équipements pour les poids lourds étant désormais le premier marché du groupe.