« Mon père avait bien compris que les cycles de production pouvaient être très différents entre l'aéronautique et l'automobile. Pour absorber les grands chocs de croissance, Actia a toujours eu à coeur d'être très diversifié », glisse Jean-Louis Pech, président d'Actia. Fondée en 1986, l'entreprise familiale toulousaine fabrique des équipements électroniques aussi bien pour les camions, les engins agricoles, les bus, les voitures, les avions... Un portefeuille d'activités très diversifié qui lui a permis par exemple d'être peu affecté par l'effondrement des cadences aéronautiques durant la crise sanitaire et en 2022 de compenser l'arrêt d'un contrat majeur pour Volvo cars (qui pesait un quart de son chiffre d'affaires) en affichant un chiffre d'affaires de près de 500 millions d'euros l'an passé.
Pour ajouter une corde à son arc de compétences, Actia a décidé dernièrement de s'armer pour les futures constellations de satellites. Le fabricant électronique a investi en 2020 plus de 2,5 millions d'euros pour réaliser une extension de 900 m2 sur son site de Colomiers, près de Toulouse, qui dispose désormais d'une surface de production de 3.500 m2. L'entreprise est équipée de deux lignes automatisées pour les petites et moyennes séries (quelques centaines de pièces par semaine). C'est ici qu'ont été fabriqués deux modules électroniques qui équipent chacun des 618 satellites de la constellation OneWeb. Actia a été également sélectionnée pour fournir des équipements électroniques sur la constellation Lightspeed de Telesat, constituée de 298 satellites en orbite basse. Cette année, l'entreprise de taille intermédiaire va mettre 1,5 million d'euros pour s'équiper de nouvelles étuves. « Ces machines permettent de simuler le chaud et le froid pour faire vieillir prématurément les pièces des satellites », explique Jean-Louis Pech.