Immobilier : les promoteurs toulousains anticipent une crise sans précédent
Dorian Cabrol
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A Toulouse, la crise de l'immobilier neuf devrait encore s'aggraver en 2025.
Rémi Benoit
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A Toulouse, la crise de l'immobilier neuf devrait encore s'aggraver en 2025.
Rémi Benoit
« En cette fin d'année, les ventes vont se compter sur les doigts d'une main et pour le premier trimestre 2025, je ne vous en parle pas », rit jaune Michaël Merz, président de
L'ObserveR, association qui fédère les promoteurs immobiliers de l'aire urbaine
toulousaine. Lors d'un point trimestriel sur le marché du neuf le 21 novembre dernier, le président de l'association a dressé un tableau sombre pour le secteur qui se prépare à une année 2025 très compliquée. L'association entrevoit une baisse encore plus importante des volumes de ventes pour atteindre des niveaux records l'an prochain.
La légère reprise des ventes de biens immobiliers neufs depuis le début de l'année, avec un peu plus de 2.000 transactions enregistrées dans l'aire urbaine toulousaine (+10 % par rapport à 2023), ne suffit pas à masquer la tendance de fond : une chute drastique des ventes. À titre de comparaison, elles atteignaient 3.720 sur les neuf premiers mois de 2022, une année de référence avant la crise immobilière, soit une baisse de 37 %
En outre, les mises sur le marché sont en recul de 25 % par rapport à la même période l'an passé et de 52 % par rapport à la même période en 2022. Sur la ville de Toulouse, le même constat s'applique avec une hausse néanmoins plus importante des ventes de 36 % par rapport à 2023.
Ce léger rebond sur les ventes résulte d'un effet d'aubaine conjoncturel lié à la fin annoncée du dispositif de défiscalisation des investissements locatifs dit loi Pinel. Du fait de son arrêt en décembre 2024, les investisseurs ont saisi les dernières opportunités de profiter de cet avantage fiscal. Selon les chiffres de l'ObserveR, 54 % des ventes sur les trois premiers trimestres de 2024 ont été opérées par ce biais.
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De manière globale, l'impact de cette fuite du marché du neuf par les particuliers et les investisseurs est fortement ressenti par les promoteurs immobiliers. Selon les chiffres avancés par l'association, en 2024, 12 % de ses adhérents ont arrêté de cotiser soit parce qu'ils n'existent plus soit parce qu'ils n'ont plus les moyens de le faire. « On s'attend à voir ce chiffre doubler l'an prochain », prédit Jean-Baptiste Crampes, trésorier de l'ObserveR et président de l'Union Nationale des Aménageurs (UNAM) Midi-Pyrénées. Au niveau national, de nouvelles défaillances d'entreprises sont également à craindre alors que selon Mickaël Merz, « les promoteurs se sont séparés d'environ 15 % de leurs effectifs cette année ».
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