Ce fut une grande première mondiale. En juin dernier, la Chine est parvenue à prélever des échantillons sur la Lune. En début d'année, c'est le Japon qui a réussi à poser un atterrisseur sur le satellite naturel de la Terre, six mois après l'Inde. Les ambitions américaines et son emblématique programme Artemis pourraient, elles, être boostées par la réélection de Donald Trump.
« Sur les dix prochaines années, 155 missions ont pour projet d'alunir ou d'orbiter autour de la Lune. C'est un volume d'activité extrêmement important. Plus globalement, un véritable marché de l'exploration a émergé dont le budget avoisine 34 milliards de dollars avec 65 % pour les Etats-Unis, 19 % de la Chine, 6 % de l'Agence spatiale européenne et enfin 2% pour le Japon et 1,5% pour la Russie », pointe Michel Blanc à l'occasion d'une conférence organisée par l'Académie de l'air et de l'espace à Toulouse. Ce chercheur émérite à l'IRAP (Institut de recherche en astrophysique et planétologie) préside le panel sur l'exploration du COSPAR, un groupe scientifique international dont le but est d'organiser les travaux scientifiques en relation avec l'exploration spatiale.
Pour lui, avec cette nouvelle course à la Lune, un demi-siècle après l'apogée du programme Apollo, « nous allons passer d'une exploration robotique à y installer des hommes de façon durable ». Dans cette perspective, une économie lunaire se dessine prônant une gestion parcimonieuse et innovante des matériaux, de l'énergie, des déchets et de l'eau. « Le jour où l'on va commencer à exploiter la Lune, bien sûr, il faudra connaître exactement quels sont les matériaux disponibles à la surface pour vivre, créer des activités... Il faudra développer une économie circulaire telle qu'on peut l'imaginer sur Terre », commente Michel Blanc.