Dans la mythologie chinoise, Chang'e est la déesse de la Lune. C'est également le nom choisi par la république populaire pour son programme d'exploration lunaire. « Dès 2007, avec la mission Chang'e 1, la Chine s'est positionnée en orbite autour de la Lune avant d'alunir avec un rover en 2013 puis de tester le retour automatique d'échantillons fin 2020 », rappelle Pierre-Yves Meslin, responsable scientifique de l'instrument Dorn.
Cet instrument, construit à Toulouse par l'Irap (Institut de recherche en astrophysique et planétologie) sous la maîtrise d'ouvrage du Cnes, doit permettre à la Chine, avec sa mission Chang'e 6, de réussir une nouvelle grande première mondiale : récolter des échantillons sur la face cachée de la Lune. En effet, jusqu'à présent, les missions américaines Apollo et soviétiques Luna n'avaient foré dans le régolithe uniquement sur la face visible du satellite naturel de la Terre.
La France, n'ayant pas les moyens à elle seule de financer une mission lunaire, voit dans cette contribution au programme chinois l'opportunité d'y aller. L'accord de coopération avait été signé en 2019 lors de la visite du président Emmanuel Macron en Chine alors que la France a déjà travaillé de concert avec la nation asiatique sur le satellite d'océanographie CFOSAT et a livré des instruments de la mission SVOM pour l'observation des sursauts gamma.