« Nous allons ouvrir la voie de l’exploration habitée » (Claudie Haigneré, spationaute)

Florine Galéron
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Claudie Haigneré à la Cité de l'espace à Toulouse.
Manuel Huynh

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Claudie Haigneré à la Cité de l'espace à Toulouse.
Manuel Huynh
LA TRIBUNE DIMANCHE - Un demi-siècle après le premier pas de l'Homme sur la Lune, pourquoi y retourner?
CLAUDIE HAIGNERÉ - Nous allons retourner sur la Lune cette fois pour y installer des infrastructures permanentes, apprendre à vivre, travailler, pour ouvrir la voie de l'exploration habitée vers des destinations encore plus lointaines et notamment Mars.
À quoi ressembleront ces habitats lunaires ?
Il faut des écosystèmes adaptés à un environnement très hostile et le moins dépendant possible des ressources venues de la Terre parce que bien évidemment nous ne pouvons pas envoyer des cargos de fret toutes les semaines pour ravitailler les équipages. Nous apprendrons à utiliser les ressources in situ comme les glaces d'eau et le régolithe (poussière lunaire, ndlr). Ce dernier contient une bonne part d'oxygène qui peut être utilisé pour les support-vie des habitats lunaires et il sera un matériau utile. Dans les glaces d'eau présentes au pôle sud lunaire, on pourra extraire de l'oxygène et aussi de l'hydrogène qui pourraient être utilisés comme carburant. Avoir du carburant à disposition ailleurs que sur la Terre, permet de reconsidérer aussi la circulation et les services en orbite et change complètement le paradigme de l'utilisation de l'espace.
Quel impact en attendre sur Terre ?
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Sur la Lune, il faudra gérer au mieux les quelques ressources disponibles en quantité finie dans un environnement fragile. Cela nous rappelle cette gestion de la finitude des ressources sur Terre. Les écosystèmes lunaires prônant une gestion parcimonieuse et innovante des matériaux, de l'énergie, des déchets et de l'eau, les nouvelles formes d'agriculture, le suivi médical en isolement, l'interaction avec les robots et l'intelligence artificielle... sont autant de technologies qui seront utiles sur Terre. L'espace dit « utile » en orbite basse est un pilier indispensable à notre économie, à notre sécurité, à notre connaissance de la terre. L'exploration spatiale plus lointaine sera elle aussi source de découverte et d'innovation « utiles » à notre planète. Elle ouvre aussi la voie inspirante vers de nouvelles destinations.
Florine Galéron