Déjà touché par le retrait d’Air France, l’aéroport Toulouse-Blagnac a vu son trafic chuter au deuxième trimestre après la fermeture de la base de la compagnie low cost britannique.Nouveau coup dur pour l'aéroport Toulouse-Blagnac (ATB). La plateforme, qui a accueilli 7,8 millions de passagers en 2024, a perdu l'an dernier une place dans le classement des aéroports français en devenant cinquième plateforme régionale, derrière Bâle-Mulhouse. Traditionnellement tourné vers le tourisme d'affaires, l'aéroport est frappé par la forte réduction de vols d'Air France entre la Ville rose et la capitale (perte de 800 000 passagers en cinq ans).
Baisse de 30 % du trafic généré par EasyJet
Depuis le mois d'avril, l'aéroport doit composer avec un nouveau frein à sa croissance avec la fermeture de la base aérienne d'EasyJet. La compagnie low cost britannique, qui transportait 1,5 million de passagers par an depuis Toulouse, a annoncé en janvier passer de 20 à 10 destinations au départ de la Ville rose. Une décision qui affecte les chiffres de la plateforme au deuxième trimestre. « Le trafic s'élève à 2 060 438 passagers, soit une baisse de 3,7 % par rapport à la même période en 2024. La fermeture de la base easyJet début avril explique en grande partie cette évolution sur les trois premiers mois du programme été », constate ATB.
Les vols transversaux en France sont particulièrement touchés avec une baisse de 12 % sur la période avril-juin, « expliquée par la fermeture des lignes vers Lille et Rennes d'EasyJet ». Une chute qui n'arrange pas l'aéroport où le trafic domestique est loin d'avoir retrouvé son niveau antérieur à la pandémie. Au deuxième trimestre, ATB a transporté sur le sol national un peu plus de 826 000 passagers, soit un déficit de 37 % par rapport à 2019, ce chiffre monte même à 42 % uniquement pour les vols transversaux.
L'aéroport prévoit une baisse de 30 % du trafic généré par EasyJet en 2025, soit une perte de près d'un demi-million de passagers par an. Autant d'éléments qui expliquent pourquoi ATB ne va pas retrouver de sitôt son niveau d'avant crise sanitaire. Pour autant, son président du directoire, Philippe Crébassa, se voulait optimiste en mars lors de la présentation des résultats annuels : « Quand nous aurons passé un niveau plancher en 2025 et 2026, Toulouse retrouvera le même niveau de croissance que dans les autres aéroports régionaux français. »