Clap de fin pour Sauramps ? Il semblerait que cet épisode soit le dernier d'une longue série qui a amené le groupe de la librairie Sauramps (120 salariés) à la barre du tribunal de commerce à l'issue d'une procédure de redressement judiciaire (depuis le 13 mars).
En procédure d'appel, et contrairement à la décision en première instance, c'est finalement l'offre d'Amétis, portée par le Montpelliérain François Fontès et de son associé Bertrand Barascud, qui a été retenue ce 19 juillet, au détriment de celle du Furet du Nord.
Pour mémoire, le 28 juin, le tribunal avait en effet retenu l'offre du groupe Le Furet du Nord, dirigé par Pierre Coursières et dont le siège social est à Lomme (59). Elle prévoyait la reprise des librairies montpelliéraines du Triangle, de Polymôme et du Musée Fabre, ainsi que celle d'Alès, mais excluait la holding et la librairie d'Odysseum. L'offre conservait 47 salariés à Montpellier et 10 salariés à Alès.
Les offres d'Amétis (l'architecte montpelliérain François Fontès et son associé Bertrand Barascud) et du libraire ruthénois Benoît Bougerol, avaient donc été écartées.
Alors que Le Furet du Nord avait pris les rênes des magasins le 1er juillet, Jean-Marie Sevestre, le cédant et ancien P-dg de Sauramps, avait alors décidé de faire appel de la décision du tribunal au motif qu'elle avait retenu l'offre la moins disante socialement, celle d'Ametis proposant la reprise de l'ensemble des librairies et de 85 salariés.
Le 7 juillet, la cour d'appel avait retenu le caractère suspensif du recours, suspendant du même coup l'entrée en jouissance du Furet du Nord dans l'attente d'un nouveau jugement sur le fond. Lequel avait lieu le 13 juillet, avec mise en délibéré de la décision le 19 juillet à 14 h.
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Lors de cette audience en appel du 13 juillet, seuls les avocats des différentes parties étaient autorisés à prendre la parole.
L'offre du libraire du nord avait été légèrement modifiée, et proposait de reprendre non plus 57 mais 61 salariés, avec 27 propositions de postes en reclassement à Paris et à Lille. Mais c'est finalement celle d'Amétis, révisée et montée à 94 salariés conservés dans leurs fonctions, qui aura été préférée.
Sur son compte Twitter, Le Furet du Nord écrit "Déçu mais bonne chance !"...
L'architecte montpelliérain avait fait l'objet de critiques portant sur sa méconnaissance du secteur de la librairie.
Le 11 juillet dernier, Pierre Coursières, dérouté par la décision du recours suspensif et en colère, déclarait à Objectif Languedoc-Roussillon : « Amétis paraît mieux disant socialement mais c'est un faux semblant à court terme car elle garde des structures qui perdent de l'argent, et conserver l'ancienne structure (de la holding, NDLR), cela fait rarement de bonnes recettes. [...] On ne s'improvise pas patron d'une librairie indépendante qui subit une baisse structurelle de marché de 6 %, qui est en concurrence avec des pure-players... Le modèle économique est fin, complexe, précis et ne laisse la place à aucun amateurisme ! ».
Par ailleurs, certains salariés du groupe Sauramps avaient émis des inquiétudes quant au maintien, prévu dans l'offre Amétis, de certains cadres dirigeants du groupe des cadres tenus pour responsables d'une mauvaise gestion.
Cette décision est-elle définitive ou pourrait-elle encore fait l'objet d'un recours ?
Dans l'attente, François Fontès balaie l'idée : « Nous allons commencer à travailler dès demain ».
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