Le 19 juillet 2017, la librairie Sauramps à Montpellier tournait une page en étant rachetée par la société montpelliéraine Amétis, spécialisée dans le développement de logements locatifs sociaux et dirigée par l'architecte François Fontès et son associé, Bertrand Barascud.
Depuis, la frénésie médiatique qui avait accompagné les multiples rebondissements de cette reprise s'est apaisée. Fin août, les repreneurs avaient nommé Florence Doumenc, l'ex-DRH de Sauramps, directrice générale, et les 101 salariés repris (sur les 120) s'attelaient à préparer les rentrées scolaire et littéraire et les fêtes de fin d'années, temps forts majeurs pour une librairie.
Si Julien Domergue, délégué syndical Sud, confirme que les repreneurs ont financièrement permis un redémarrage dans les meilleures conditions possibles, notamment par des apports financiers, il pointe pourtant des résultats 10 % en dessous des attendus.
La confiance regagnée chez les fournisseurs et éditeurs a-t-elle opéré en miroir chez les salariés, déstabilisés par la longue crise économique qu'a traversée leur librairie ?
Interrogé sur ce point, François Fontès répond : « Nous avons expliqué aux salariés que nous n'avions pas une stratégie de gestion dure, avec une perspective de suppression de salariés, que nous avions vraiment des projets. Quant aux tensions qui subsistent, ce sont des choses que nous allons régler rapidement. Nous souhaitons que les gens qui sont motivés trouvent la mesure de leur qualité. C'est la force des équipes qui nous a séduits ».
Le recrutement d'un DRH est en cours, et une directrice administrative et financière a pris ses fonctions la première semaine d'avril.
Mais les travaux de rénovation attendus, tant dans la boutique du centre ville que dans celle d'Odysseum, ne sont pas près de démarrer...
Florence Doumenc confirme : « Chaque magasin fait l'objet d'un projet, qui a été travaillé avec les libraires au travers d'ateliers une fois par semaine depuis janvier ».
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Au Triangle, 600 m2 supplémentaires viennent d'être loués par la librairie pour y déplacer l'espace jeunesse Polymômes à compter du 1er septembre prochain. L'espace actuel de Polymômes deviendra une papeterie, vente de matériel de beaux-arts et reprographie, « qui était le 1e métier de Sauramps », rappelle la directrice générale.
Les travaux de rénovation du magasin du centre-ville interviendront en coordination avec les propriétaires des murs.
Quant à la librairie d'Odysseum, les réaménagements sont toujours à l'étude pour « rendre le lieu plus attractif, faire revenir les jeunes », préconise François Fontès.
Quant à l'idée d'ouvrir un café littéraire dans chacun des deux magasins, elle est toujours d'actualité, « pour que les gens réinvestissent la librairie comme un lieu commercial mais aussi comme un lieu où on prend du plaisir », souhaite François Fontès.
Commercialement, les repreneurs ont notamment exigé un axe de développement : les collectivités (lycées, collèges, écoles, bibliothèques, etc.).
Mais le « Sauramps nouveau » passera par l'élaboration d'un projet renouvelé pour la librairie, tenant compte des exigences digitales qui s'imposent à tous les secteurs d'activité, y compris celui de la librairie.
Le curseur est posé, l'exemple à suivre donné. Les repreneurs attendent des propositions de la part des salariés de la librairie.
Mais Julien Doumergue s'inquiète et rapporte un point d'achoppement dans le processus de rénovation du modèle : « Les repreneurs ont rempli leur part de marché et en retour, ils attendent des idées, une révolution des méthodes de vente. Or dans la librairie, on n'est pas dans la culture de projet... ».
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La directrice générale est plus optimiste : « François Fontès et Bertrand Barascud sont des développeurs et ils attendent en effet des salariés de Sauramps qu'ils soient innovants. Il faut que les collaborateurs sortent du cadre, alors qu'ils sont habitués depuis un long moment maintenant à gérer des difficultés. Mais je suis confiante, ce sont des gens passionnés et engagés ».
Elle évoque dans le même temps le travail sur la gestion qui est mené pour améliorer l'outil et se moderniser.
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