Montpellier impose une nouvelle offre de logements abordables

Philippe Saurel et Christophe Pérez, à Montpellier, le 28 février 2018
M3M

Philippe Saurel et Christophe Pérez, à Montpellier, le 28 février 2018
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Il commence par citer le Familistère de Godin ou le Phalanstère de Fourier, ces cités idéales inventées entre le XVIe et le XIXe siècle et qui ont alimenté l'idée d'un autre vivre-ensemble possible. Sans aller jusqu'à reproduire ces types d'habitats communautaires, le maire de Montpellier et président de la Métropole, Philippe Saurel, semble s'en inspirer pour imposer une nouvelle offre résidentielle sur son territoire.
Le 28 février, il donnait une conférence de presse aux côtés de Christophe Pérez, le directeur général de la SERM-SA3M, pour présenter « de nouvelles façons d'habiter à Montpellier ». Objectif : toucher la population qui ne peut accéder à la propriété à Montpellier du fait des prix trop élevés et qui s'éloigne progressivement de la ville.
Plusieurs constats ont conduit l'élu à cette démarche. D'abord des prix de logements élevés, tirés vers le haut par les investisseurs, le prix de vente moyen d'un appartement neuf s'établissant à 4 159 €/m² sur le territoire métropolitain, 4 328 €/m² sur le territoire montpelliérain (parking compris), au 3e trimestre 2017.
Ensuite, une forte demande mal desservie par l'offre de logement neuf, moins de 35 % des ménages ayant, en primo-accession, les moyens d'acquérir un logement neuf sur le marché libre. Enfin des ménages aux revenus intermédiaires quasiment exclus de l'acquisition d'un logement neuf en ville, le prix moyen des logements collectifs neufs ayant connu en dix ans une évolution supérieure au double de celle du revenu des ménages.
Ces nouvelles façons d'habiter prennent deux formes : des logements « abordables » et de l'habitat participatif. La Ville et la Métropole ont ainsi élaboré, en lien avec les acteurs de l'immobilier (promoteurs, architectes, entrepreneurs), un nouveau dispositif redéfinissant le logement abordable avec l'objectif d'arriver à produire mieux et moins cher.
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Trente-deux promoteurs immobiliers ont candidaté aux appels à projets lancés. Quatre projets ont été retenus et seront expérimentés sur le territoire. Les deux premiers, à Montpellier, ont déjà obtenu le permis de construire et sont en phase de commercialisation à des prix en-dessous de 3 000 €/m2.
Les principales caractéristiques innovantes résideront dans l'évolutivité des logements, plus d'espaces partagés, une rationalisation de la superstructure et un coût de travaux de 10 % moins cher.
Les deux premières opérations seront livrées à Montpellier fin 2019. La résidence Nove'LA de la ZAC Ovalie, construite par le promoteur immobilier BDP Marignan, proposera 62 logements en accession abordable. La résidence Chrysalide (40 logements), sur la ZAC des Grisettes, sera réalisée par le promoteur montpelliérain Roxim. Outre les logements modulables, elle proposera une personnalisation de la façade à chaque futur résident sur la base de trois choix possibles.
Deux autres opérations sont programmées sur la Métropole pour 2020 : l'opération Caroux, 3 060 m2 d'habitat abordable dans le quartier Hôpitaux-Facultés, lancée par Angelotti Promotion, et l'opération Agriflor, lancée à Castelnau-le-Lez par le promoteur SOGERIM. Cette dernière sera composée de petits collectifs (34 logements abordables et une dizaine de logements sociaux) et jardins partagés, suivant une démarche participative associant les acquéreurs.
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Autre façon d'habiter la ville promue par les collectivités montpelliéraines : l'habitat participatif. Il s'illustre déjà par l'opération Mas Cobado et ses 23 logements (dont 12 sociaux), livré il y a un an aux Grisettes. Le projet Clémencité (21 logements) dans le quartier Clémenceau est ralenti par un recours sur le permis de construire mais pourrait être livré fin 2019.
Enfin, un 3e projet va démarrer sur l'ex-EAI, avec un possible début des travaux en 2019.