C’est la reprise et elle se fait sentir positivement dans l’immobilier neuf. Mais les promoteurs immobiliers agitent le chiffon rouge d’une offre en régression et regrettent que le logement neuf soit l’angle mort du plan de relance du gouvernement. A Montpellier, le président de la Fédération des promoteurs immobiliers Occitanie Méditerranée réclame un cap, de la visibilité, des outils et de la simplification.Vous dites que le logement neuf est en crise. Comment cela se traduit-il dans la région et sur la Métropole de Montpellier ?
« Au 1er semestre 2020, le marché de la promotion immobilière sur l'ex-Languedoc-Roussillon accuse une nouvelle baisse des mises en vente. Avec 1 330* logements neufs lancés à la commercialisation sur ce territoire, l'activité connaît une baisse de 50 % de son alimentation par rapport au 1er semestre 2019. Et sur la seule métropole de Montpellier, qui représente la moitié du marché, on a perdu 54 % des mises en vente, soit 653 logements neufs au lieu de 1 410. »
Les promoteurs immobiliers avaient déjà lancé des alertes sur un marché régional du logement neuf sclérosé en 2019. La crise sanitaire est-elle aujourd'hui la seule responsable d'un manque d'alimentation du marché ?
« La crise Covid-19 est responsable d'un décalage mais pas de la crise de l'offre. Il ne faut pas se cacher derrière la crise sanitaire... Avant le Covid, on avait déjà enregistré une forte baisse des mises en vente entre 2018 et 2019, de - 50 % sur le Languedoc-Roussillon et de - 60 % sur la métropole montpelliéraine, sur laquelle on a produit 2 465 logements neufs contre 3141 en 2019... Le PLH de la Métropole préconise la production de 5 000 logements par an, on fera peut-être 2 000 logements libres et 1 500 logements sociaux en 2020. Tous les ingrédients d'une crise de l'offre sont apparus sur le marché en raison d'une difficulté à renouveler l'offre foncière en métropole et des contraintes administratives pour sortir des opérations, notamment en période d'élections municipales, qui freinent les opérations d'urbanisme. D'autant que les effets d'inertie de ces élections se sont fait sentir sur l'année qui a précédé les élections au lieu des six mois habituellement observés. Probablement parce que l'attente citoyenne qui a changé, mais aussi en raison de l'arrêt de l'étalement urbain imposé par l'État. »
Comment les prix ont-ils évolué ?